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Les suffragettes

Manifestation pacifiste des militantes anglaises réclamant le droit de vote dans les rues de Londres : une image maintes fois utilisée pour évoquer le combat des suffragettes, et pourtant si réductrice ! Quand au début du 20e siècle, en Angleterre, les femmes de toutes conditions se rendent compte que leurs actions pacifistes ne donnent rien alors que les réactions du gouvernement à leur égard sont de plus en plus violentes, elles optent pour une lutte plus radicale, les obligeant à entrer dans la clandestinité.

C’est sur cette période que revient Sarah Gavron, la réalisatrice du film Les Suffragettes. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer : leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud, incarnée par Carey Mulligan, est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, ouvrière, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…Maud intègre le Women’s Social and Political Union créé par Emmeline Pankhurst et sa fille Cristabel en 1903 à Manchester. Avec les WSPU, Emmeline Pankhurst pense alors faire pression sur le Parti travailliste indépendant, fondé Keir Hardie en 1893, et sur les libéraux. Mais Mais les uns et les autres refusent d’inscrire le vote féminin à leur programme.

Risquer sa vie pour le droit de vote

A partir de ce moment-là, les suffragettes vont se radicaliser et user de moyens controversés : briser des vitres, couper des lignes téléphoniques, détruire le contenu de boîtes aux lettres, etc. En 1906, des militantes du WSPU forcent les portes du Parlement ; en 1908, elles s’enchaînent à ses grilles. Dans un bref témoignage datant de cette même année, Emmeline Pankhurst justifie pleinement le recours à la violence par l’échec des méthodes légales : « Nous avons entrepris cette action parce que nous nous rendons compte que la condition faite à notre sexe est tellement lamentable qu’il est même de notre devoir d’enfreindre la loi pour attirer l’attention sur les raisons qui nous font agir ainsi. »

En 1910, elles brisent à coups de pierre les fenêtres du ministère de l’Intérieur : condamnées pour conspiration contre la sûreté de l’Etat, Emmeline et ses compagnes entament une grève de la faim. Une stratégie utilisée désormais à chaque arrestation mais aux conséquences désastreuses : nourries de force en prison, nombreuses sont les militantes qui en ressortiront très affaiblies. A la suite de plusieurs incarcérations, Lady Lytton finira paralysée de tout le côté droit du corps.

En 1912-1913, lors d’une campagne spectaculaire, la WSPU tente de brûler les maisons de membres du gouvernement. A la suite de quoi, certaines militantes quittent le WSPU, d’autres sont expulsées, beaucoup sont arrêtes et subissent un terrible emprisonnement. En 1913, encore, Emily Davison meurt en se jetant, enveloppée de la bannière du WSPU, sous les sabots des chevaux lors du derby d’Epson. C’est avec cet épisode d’ailleurs que Sarah Gavron a choisi de terminer son film.

Finalement, les actions des suffragettes finiront par être payantes : en 1918, les Anglaises de plus de 30 ans peuvent enfin voter.

A découvrir : Le droit de vote des femmes dans le monde

A voir :

Les Suffragettes, sorti le 18 novembre 2015.

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Le destin d’Hannah Arendt en bande dessinée

Raconter en images le destin exceptionnel d’Hannah Arendt : le défi était de taille pour Béatrice Fontanel et Lindsay Grime. Si elles parviennent à retracer les moments forts de sa vie, elles ont choisi une chronologie qui déroute parfois le lecteur. J’aurais également apprécié davantage de liens avec l’œuvre d’Hannah Arendt à peine évoquée ici. Ainsi, du procès d’Eichmann qu’elle suivit pour le New Yorker, nous ne saurons rien de ses prises de position. Or, les cinq articles intitulés « Eichmann à Jérusalem » publiés de février à mars 1963 provoquèrent une polémique sans précédent qui lui valurent insultes et isolement.

hannah-arendt-bande-dessineeN’en reste pas moins que les illustrations sont réussies et la personnalité d’Hannah Arendt bien analysée. Déterminée, battante, elle dédia sa vie au travail et à l’écriture. Tout entière tournée vers une « politique de l’irreprésentable » requérant à chaque instant la capacité de « juger et de décider », elle confiait en1973 à la télévision française : « Il n’existe pas de pensée dangereuse pour la simple raison que le fait de penser est en lui-même une entreprise très dangereuse. Mais ne pas penser est encore plus dangereux ».

A défaut d’être d’une réussite, cette bande dessinée nous donne envie de relire l’œuvre d’Hannah Arendt.

 A lire :

  • Béatrice Fontanel et Lindsay Grime, Hannah Arendt, Naïve, collection « Grands destins de femmes », 2015.

 

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Arabie Saoudite – Paroles de femmes

Pour la première fois, les femmes ont pu voter et se faire élire le 13 décembre dernier en Arabie Saoudite. Un petit pas pour les Saoudiennes qui n’ont toujours pas le droit de conduire dans leur pays. Mais un pas de plus comme le souligne la journaliste Clarence Rodriguez dans son documentaire « Arabie Saoudite, Paroles de femmes », diffusé sur France 5 le 8 décembre 2015. Pendant un mois, elle a rencontré des femmes qui bousculent les préjugés dans ce pays où la charia dicte les règles.

Le sport féminin, un tabou en Arabie Saoudite

Arabie Saoudite, paroles de femmesPratiquer un sport quand on est une femme en Arabie Saoudite relève du parcours du combattant. Pourtant, dans la ville de Djeddah, au bord de la mer Rouge, il existe un club de sport créé et dirigé par une femme, Lina Almaeena.

Depuis cinq ans, Lina médiatise son combat en faveur du sport féminin, malgré les menaces de ses opposants qui n’hésitent pas à affirmer que le sport entrave la fertilité des femmes et les incite à la débauche. Mais Lina tient bon ; son club est devenu la vitrine du sport féminin en Arabie Saoudite où 500 sportives parviennent tout de même à s’entraîner.

Dénoncer les violences conjugales

Certaines femmes réussissent également à faire entendre leur voix en politique. C’est le cas de la princesse Banderi A.R. Al-Faisal, petite-fille du roi Khaled, qui a régné jusqu’en 1982. Elle est aujourd’hui la directrice de la fondation qui porte son nom. Son statut lui permet de proposer des projets de loi destinés à faire évoluer la société saoudienne, notamment en faveur des femmes. Sa campagne dénonçant les violences conjugales a fait grand bruit en Arabie Saoudite et conduit au votre d’une loi sur laquelle elle avait travaillé durant sept ans : désormais, les femmes peuvent déposer plainte contre tout abus physique ou psychologique.

Miser sur la jeune génération

En 2011, la peur d’un printemps arabe pousse le roi Abdallah à prendre des mesures radicales pour éviter un soulèvement dans son royaume. Il s’engage alors à faire entrer 30 femmes à la Choura, l’Assemblée consultative saoudienne. Le 11 janvier 2012, la Choura inaugure officiellement leur entrée ; celles-ci vont pouvoir travailler sur des projets de loi qu’elles présenteront ensuite. Un de leur cheval de bataille : le tutorat. Thoraya Ahmed Obaid en est l’un des membres : « Je crois que l’Arabie saoudite est un pays d’évolution et non de révolution. Nous progressons étape par étape. »

Dans ce pays où 60 % de la population a moins de 30 ans, les jeunes aspirent à un mode de vie bien différent de leurs parents. C’est le cas de Dina, designer et chef de chantier, qui à 28 dirige des collègues masculins. Mais cette chance, elle le doit à son employeur, un américain. Car la vraie résistance vient des saoudiens eux mêmes.

Noura et Amar, quant à eux, incarnent le couple moderne, encore très rare en Arabie Saoudite. Noura, qui a fait ses études à Londres, est directrice stratégie et marketing chez Areva. A la maison, tous deux se répartissent les tâches éducatives et ménagères. « Je ne veux pas que ma fille vive vingt ans en arrière, confie Amar, mais avec vingt ans d’avance. »

Quinze jours après le tournage de ce documentaire, le roi Abdallah mourrait. Pour les saoudiennes, c’est une page qui se tourne.

 A voir :

A lire aussi :

Violences faites aux femmes : les chiffres

Le 25 novembre 2015, l’Observatoire national des violences faites aux femmes a publié pour la première fois des statistiques issues de l’exploitation des logiciels de recueil de données de la police et de la gendarmerie nationales. Les principaux chiffres.

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Ce même jour, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes, annonçait une nouvelle campagne destinée à faire connaître la ligne téléphonique 3919. Ce numéro d’écoute et d’orientation, anonyme et gratuit, est disponible pour toutes les femmes victimes de violences, 7 jours sur 7.

Consulter le site du gouvernement stop aux violences faites aux femmes.

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Paris Pionnières : Wonder Women of Paris

En 10 ans, Paris Pionnières, l’incubateur au féminin, a accompagné plus de 200 startups créées par des femmes. Pour l’anniversaire de l’association, Paris Pionnières a décidé d’organiser un événement qui fera rayonner les entrepreneures franciliennes de la French Tech : Wonder Women of Paris.

Avec 21% de femmes à la tête de startups, Paris est capitale européenne des startupeuses.  Cette soirée anniversaire sera l’occasion de donner envie à toujours plus de femmes de se lancer dans l’aventure startup pour que demain, les femmes entreprennent autant que les hommes.

Paris Pionnières lance un concours de pitch

Les wonder women of Paris sont invitées à participer en amont à un concours de Pitch : présenter son entreprise en 6 secondes sur Vine. A la clé : 10 000 €, 1 an d’expertises et un live pitch chez Google lors de la soirée de remise des prix. Startupeuses, vous avez jusqu’au 12 décembre pour y participer. Quant aux internautes, ils peuvent voter pour leur startup préférée sur le site www.wonderwomen.paris

Pour Paris Pionnières, c’est en mettant sur le devant de la scène les femmes entrepreneures qu’elles inspireront les autres à se lancer, elles aussi, dans l’aventure startup. Parce qu’un jour elles se sont dit que c’était possible… Parce qu’on ne naît pas entrepreneurE, on le devient.

Pour les encourager, Paris Pionnières a besoin de notre soutien. L’association a donc lancé une campagne de crowdfunding sur Ulule afin de financer les prix qui seront remis lors de cette soirée anniversaire. Vous avez jusqu’au début du mois de décembre pour les soutenir.

Anna Funder

Anna Funder, « Tout ce que je suis »

« Quand Hitler arriva au pouvoir, j’étais dans mon bain. Notre appartement donnait sur le Schiffbauerdamm, le long de la rivière, en plein coeur de Berlin. De nos fenêtres, on voyait le dôme du Parlement. Hans avait monté le volume de la TSF du salon pour l’entendre depuis la cuisine, mais seules des clameurs me parvenaient, par vagues, comme lors d’un match de football. On était lundi après-midi », se souvient Ruth soixante-dix ans après.

C’est son histoire et celle de ses amis, Ernst Toller, Dora Fabian et Hans Wesermann que nous livre Anna Funder dans un roman émouvant et dramatique. Contraints à l’exil en 1933, ces militants anti-nazis tentèrent d’alerter le monde sur la menace hitlérienne – en vain. Persécutés, emprisonnés, ils assumèrent jusqu’au bout leurs idéaux, au péril de leur vie. Quand Dora fut assassinée, leur amitié vacilla.

Anna Funder, Tout ce que je suis, 10-18, 2005.

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Reyhaneh Jabbari, jeune Iranienne, pendue le 25 octobre 2015

Reyhaneh Jabbari : « Repose en paix »

Reyhaneh Jabbari, une iranienne de 26 ans accusée de meurtre, a finalement été pendue le 25 octobre dernier malgré les appels internationaux.

En 2009, cette jeune décoratrice avait été condamnée à mort pour le meurtre en juillet 2007 de Morteza Abdolali Sarbandi, au terme d’un procès « partial » selon Amnesty international. Ce chirurgien et ancien employé du ministère des renseignements l’aurait agressée sexuellement ; pour se défendre, Reyhaneh Jabbari l’aurait poignardé avant d’appeler une ambulance.

En avril dernier, un expert de l’ONU avait affirmé que la cour n’avait pas pris en compte toutes les preuves, et que les aveux de la décoratrice avaient été obtenus sous la contrainte.  Des éléments qui n’ont pas été examinés par la justice iranienne qui a déclaré que le meurtre avait été prémédité. Quant à la famille de la victime, elle a refusé d’accorder son pardon ce qui, selon la charia, permet à un condamné à mort pour meurtre d’échapper à l’exécution et de purger une peine de prison.

Les appels à la clémence d’artistes et de personnalités de la société civile, et des organisations internationales des droits de l’Homme sont restés sans réponse. Reyhaneh Jabbari a été pendue le 25 octobre dernier. En avril dernier, elle avait écrit une lettre adressée à sa mère et faisant office de testament. Diffusée par des militants pacifistes iraniens, elle a été mise en ligne sur le site du Huffington Post UK :

« Chère Sholeh, aujourd’hui j’ai appris que c’est à mon tour de faire face à Qisas. Je suis blessée d’apprendre que tu ne m’as pas laissé savoir que j’avais atteint la dernière page du livre de ma vie. Ne penses-tu pas que j’aurais dû savoir ? Tu sais que ta tristesse me rend honteuse. Pourquoi ne m’as tu pas laissé la chance d’embrasser ta main et celle de papa ?

Le monde m’a permis de vivre pendant 19 ans. Durant cette nuit inquiétante, j’aurais dû être tuée. Mon corps aurait été jeté dans un coin de la ville, et après quelques jours, la police t’aurait conduite dans le bureau du médecin légiste afin d’identifier mon corps et tu aurais appris que j’avais également été violée. Le meurtrier n’aurait jamais été retrouvé puisque nous n’avons ni leur richesse ni leur pouvoir. Tu aurais alors continué ta vie dans la douleur et dans la honte, et quelques années plus tard tu serais morte de cette douleur, voilà tout.

Néanmoins, avec ce maudit coup, l’histoire a changé. Mon corps n’a pas été jeté au loin, mais dans la tombe de la prison d’Evin et ses cellules d’isolement, et à présent la prison de Shahr-e Ray, qui ressemble aussi à une tombe. Mais tu dois céder au destin. Ne te plains pas. Tu sais mieux que moi que la mort n’est pas la fin de la vie.

Tu m’as appris que l’on vient au monde pour profiter d’une expérience et apprendre une leçon, et qu’avec chaque naissance, une responsabilité est placée sur notre épaule. J’ai appris que parfois l’on doit se battre. Je me souviens quand tu m’as raconté que l’homme s’est opposé à l’homme qui me flagellait, mais que ce dernier lui a fouetté la tête et le visage jusqu’à ce qu’il meure. Tu m’as dit que pour créer de la valeur, l’on devait persévérer même si un autre mourait.

Tu m’as appris que, puisque nous allons à l’école, nous devons nous comporter en dame face aux querelles et aux plaintes. Te souviens-tu à quel point tu insistais sur la façon dont on se comportait? Ton expérience était incorrecte. Quand cet incident s’est produit, mes enseignements ne m’ont pas aidé. Etre présentée à la barre m’a fait passer pour une meurtrière de sang-froid et une criminelle sans pitié. Je n’ai pas versé une larme. Je n’ai pas supplié. Je n’ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps car je faisais confiance à la loi.

Mais j’ai été accusée d’être indifférente au crime. Tu vois, je ne tuais même pas les moustiques et je prenais les cafards par les antennes pour les jeter un peu plus loin. Désormais je suis devenue une meurtrière préméditée. Mon traitement des animaux a été interprété comme ayant un penchant masculin et le juge n’a même pas pris la peine de regarder les faits et de voir qu’au moment de l’incident j’avais de longs ongles vernis.

C’était si optimiste d’attendre de la justice de la part des juges ! Il ne s’est jamais interrogé sur le fait que mes mains ne sont pas épaisses comme celles d’une sportive, en particulier d’une boxeuse. Ce pays que tu m’as fait chérir n’a jamais voulu de moi et personne ne m’a soutenu quand, sous les coups des interrogateurs, je criais et j’entendais les mots les plus vulgaires. Quand j’ai perdu mon dernier signe de beauté en me rasant les cheveux, j’ai été récompensée : 11 jours en cellule d’isolement.

Chère Sholeh, ne pleure pas pour ce que tu entends. Le premier jour, au poste de police, quand un vieil agent non marié m’a brutalisé à cause de mes ongles, j’ai compris que l’on ne recherche pas la beauté dans cette ère. La beauté des apparences, la beauté des pensées et des souhaits, une belle écriture, la beauté des yeux et de la vision, et même la beauté d’une douce voix.

Ma chère mère, mon idéologie a changé et tu n’en es pas responsable. Ma lettre est interminable et je l’ai donné à quelqu’un pour que, lorsque je serai exécutée sans ta présence et sans ton savoir, elle te sera donnée. Je te laisse ce matériel écrit en héritage.

Cependant, avant ma mort, je veux quelque chose de toi, que tu dois me fournir avec toute ta force, quelle que soit la manière dont tu l’obtiens. En fait, c’est la seule chose que je veux de ce monde, de ce pays et de toi. Je sais que tu as besoin de temps pour cela.

Je vais donc te raconter une partie de mon vœu dès maintenant. S’il te plaît, ne pleure pas et écoute. Je veux que tu ailles au tribunal et que tu leur fasses part de ma requête. Je ne peux pas écrire une telle lettre qui serait approuvée par le chef de la prison ; alors une fois de plus, tu dois souffrir à cause de moi. Pour cette chose seulement, je t’autorise à supplier, bien que je t’ai dit à maintes reprises de ne pas supplier de me sauver de l’exécution.

Ma tendre mère, chère Sholeh, qui m’est plus chère que ma propre vie, je ne veux pas pourrir sous terre. Je ne veux pas que mes yeux ou mon jeune cœur deviennent poussière. Tu dois les supplier pour que, dès que je serai pendue, mon cœur, mes reins, mes yeux, mes os et tout ce qui peut être transplanté soit retiré de mon corps et donné à quelqu’un qui en a besoin. Je ne veux pas que le receveur connaisse mon nom, ni qu’il m’achète des fleurs ou même qu’il prie pour moi.

Je te le dis depuis le plus profond de mon cœur : je ne veux pas d’une tombe où tu viendrais pleurer et souffrir. Je ne veux pas que tu portes du noir pour moi. Fais de ton mieux pour oublier mes jours difficiles. Donne-moi au vent, afin qu’il m’emporte.

Le monde ne nous a pas aimé. Il n’a pas voulu mon destin. Et à présent, je lui cède et j’embrasse la mort. Car dans la cour de Dieu, j’accuserai les inspecteurs, j’accuserai l’inspecteur Shamlou, j’accuserai le juge, et les juges de la Cour Suprême du pays qui m’ont tabassée quand j’étais éveillée et n’ont eu cesse de me harceler.

Dans la cour du Créateur, j’accuserai le Docteur Farvandi, j’accuserai Qassem Shabani et tous ceux qui, par ignorance ou avec leurs mensonges, m’ont fait du mal et ont piétiné mes droits et n’ont pas tenu compte du fait que parfois, ce qui semble être la réalité ne l’est en fait pas du tout.

Ma chère et tendre Sholeh, dans l’autre monde c’est toi et moi qui sommes les accusatrices et les autres qui sont les accusés. Nous verrons ce que Dieu désire. Je voulais t’embrasser jusqu’à ce que je meurs. Je t’aime. »

Sur la page Facebook créée en soutien à Reyhaneh Jabbari apparaît désormais le message « Repose en Paix » et des photos de la jeune fille lorsqu’elle était encore enfant.

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Illustratrice : Cathy Karsenty

Tâches ménagères : les femmes en font moins, les hommes pas plus

L’Insee publie une étude consacrée à l’évolution du partage des tâches domestiques entre les hommes et les femmes depuis 25 ans. Si l’écart de situation se réduit entre les deux sexes, les inégalités demeurent importantes. D’autant que l’explication est à chercher du côté des femmes qui consacrent moins de temps aux tâches ménagères que du côté des hommes qui n’en font pas plus.

La durée des tâches ménagères a diminué de 20 % en 25 ans pour les femmes

En 2010, les femmes consacrent en moyenne quatre heures par jour aux tâches ménagères, soit une demi-heure de moins qu’en 1999 et une heure de moins qu’en 1986. Elles passent moins de temps à faire la cuisine, le ménage, les courses et à gérer le linge. Cette heure gagnée s’est transformée pour un quart en temps de travail (qui inclut le temps de travail proprement dit, mais aussi les formations et les temps de trajet domicile-travail) et pour une demi-heure en temps libre (le reste allant au temps physiologique -dormir, se laver, manger- et aux trajets).

Le temps que les hommes consacrent aux tâches domestiques n’a pas évolué en 25 ans

En 2010, les hommes effectuent 2 heures et 13 minutes de tâches ménagères en moyenne par jour, soit une durée équivalente à celle effectuée en 1999 (2 h 13) et 1986 (2 h 07). Pourtant, leur durée moyenne de travail professionnel s’est écourtée de 32 minutes en 25 ans, sous l’effet en particulier de la montée du chômage (6,1 % pour les hommes de 15 à 65 ans en 1986, 9,6 % en 2010), et du passage aux 35 heures. Ce temps de travail en moins correspond pour l’essentiel à du temps libre en plus ; il a augmenté de 19 minutes en moyenne sur cette période.

La composition des tâches domestiques auxquelles ils s’adonnent le soir a un peu évolué par contre : en semaine, par exemple, les hommes font plus souvent la cuisine (c’est le cas de 9 % d’entre eux, en hausse de 3 points) et s’occupent plus des enfants (4 %, en hausse de 1,5 point) qu’en 1999 ; en contrepartie, ils passent moins de temps à bricoler ou à jardiner (5 %, moins 1,5 point). Les pères de famille ayant un enfant de moins de 3 ans consacrent plus de temps aux tâches domestiques, avec une heure de plus en moyenne que les hommes dans d’autres situations familiales. Ce temps supplémentaire va pour l’essentiel aux soins pour les enfants.

Plus il y a d’enfants dans le ménage, plus le partage des tâches ménagères reste inégal

L’inégalité du partage des tâches domestiques ne cesse de s’accentuer avec le nombre d’enfants dans le ménage, en particulier s’il y a un jeune enfant de moins de trois ans (entre 2 et 4 heures de plus pour les femmes, selon les configurations familiales). Toutefois, là encore, et quels que soient le nombre et l’âge des enfants, la différence de temps passé aux tâches ménagères entre les conjoints a fortement diminué entre 1999 et 2010 (entre 1/4 d’heure et 1 heure et demie selon les configurations familiales).

Au sein des couples dont l’homme est en emploi, ce sont les femmes qui travaillent àtemps partiel et les femmes inactives qui ont le plus diminuéleur contribution au travail domestique. Dans les couples oùl’homme est en emploi et la femme travaille àtemps plein, l’écart de travail domestique est stable, à une heure et demie par jour en moyenne. Au final, lorsqu’on ajoute le temps professionnel au temps consacré aux tâches ménagères, les écarts sont faibles au sein des couples oùles deux conjoints travaillent, leur durée totale étant comprise entre 8 et 8 heures 30 par jour.

Statu quo pour les activités parentales

En 2010, les pères passent 9 minutes de plus par jour en moyenne às’occuper de leurs enfants qu’en 1999. Toutefois, l’écart entre les pères et les mères reste stable car les mères y consacrent aussi plus de temps. Les mères passent une demi-heure de plus que les pères à s’occuper de leurs enfants (soins corporels, médicaux, etc.) mais seulement 6 minutes de plus pour les jeux et l’instruction.

La progression de la participation des femmes au marchédu travail ne semble pas se traduire par un partage plus égalitaire des tâches ménagères entre les sexes. Si les femmes en font effectivement moins, les hommes n’en font pas plus. De plus, il semblerait que la moindre participation des personnes aux tâches domestiques n’ait pas étéremplacée par des substituts marchands ou de l’aide informelle.

Lire l’intégralité de l’étude sur l’évolution du partage des tâches domestiques en 25 ans.

Illustration : Cathy Karsenty 

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« Mourir est un art, comme tout le reste » – Sylvia Plath (1932-1963)

« C’est le système solaire qui nous a mariés(1) », affirme Ted Hughes, fasciné par l’astrologie. Quand Sylvia Plath et Ted Hughes se rencontrent en 1956, ils nourrissent la même ambition : écrire de la poésie. Ils vont devenir l’un des couples les plus productifs de la littérature anglaise. Une union inscrite dans les astres à laquelle il leur est impossible d’échapper. Un destin tragique, scellé jusque dans la mort.

Sylvia PlathSylvia Plath, d’origine américaine, a 23 ans quand elle décroche une bourse de deux ans pour étudier la littérature à Cambridge. Ses écrits lui ont déjà valu quelques prix littéraires. A son arrivée en Angleterre, elle propose d’emblée des textes. Deux poèmes sont publiés en janvier 1956 dans un petit journal mais aussi moqués dans un fanzine, la St. Botolph’s Review(2), que des poètes de Cambridge publient. Le chroniqueur qualifie son style d’« habileté éclectique dépassée » et ajoute : « La critique en moi me souffle : ‘‘Imposture, imposture !’’ Mais je me garderai de l’accuser ainsi, après tout, elle est peut-être jolie(3). » Sylvia se sent humiliée. Elle est en colère. Pas question d’accepter ces critiques sans se défendre. Elle souhaite un droit de réponse. Le chroniqueur veut savoir si elle est jolie. Qu’à cela ne tienne, elle ira à sa rencontre, avec en tête des poèmes de la St. Botolph’s Review.

Ted Hughes ou quand le pire arrive

Le 25 février 1956, l’occasion lui est offerte de prendre sa revanche. Une fête est organisée à Falcon Yard pour la sortie du premier numéro de la revue. Sylvia Plath fait son entrée. Elle est d’abord déçue. L’auteur du papier, Daniel Huws, est un être « effroyablement pâle et parsemé de tâches de rousseur » et qui a « l’air incroyablement trop jeune pour seulement réfléchir sérieusement(4) ». Alors que les partenaires s’échangent au gré des danses, sans qu’elle s’y attende, « le pire arrive, ce grand type sombre avec un air d’Europe, le seul assez immense pour moi, qui a passé son temps à se pencher sur d’autres femmes(5). » Le pire, c’est Ted Hughes, l’un des deux poètes de la St. Botolph’s Review dont elle a mémorisé les vers. Et il en impose avec son mètre quatre-vingt cinq et ses quatre-vingt dix kilos.

Ted s’avance vers elle en la regardant droit dans les yeux. Alors, Sylvia Plath, pour couvrir le bruit de la musique, hurle les vers appris par cœur. Ted reconnaît l’un de ses poèmes. « Vous aimez ?(6) », lui crie-t-il en retour. Puis il l’entraîne dans une pièce voisine où ils peuvent s’isoler pour parler. Ils boivent du brandy, discutent. Le climat est électrique. Puis, soudain, Ted l’embrasse. Sylvia riposte aussitôt, en lui mordant « violemment et longuement » la joue, lui laissant le visage en sang. Ted lui arrache son bandeau et ses boucles d’oreille en argent, puis sort de la pièce pour rejoindre sa petite amie(7).

Une rencontre fulgurante et violente. Sylvia est déboussolée : « Je hurlais intérieurement : oh, je pourrais me donner à toi, en un combat violent(8) ». Déjà, elle imagine l’amour charnel, brutal tels deux bêtes s’affrontant dans l’arène. Mais si Sylvia est bouleversée par cette rencontre, elle n’oublie pas l’affront qu’elle a subi. «  Je n’ai jamais laissé un homme se moquer de moi(9) », affirme-t-elle. Sylvia doit donc lui prouver qu’elle peut être son égale en matière de poésie.

Le désir sexuel, élément créateur

Chez Sylvia Plath, le désir sexuel contribue à stimuler son élan créateur(10). Dès le lendemain, elle écrit un poème, Poursuite qui aborde le thème de la « passion comme destin(11) ». Elle se décrit traquée par une panthère qui « a embrasé les bois(12) », par un fauve  « affamé, affamé » qui « un jour, me fera mourir »(13). Un désir bestial.

Nous sommes dans les années cinquante, à l’heure où la sexualité est encore taboue. Sylvia, à 23 ans, est beaucoup plus avancée sur le plan de la sexualité que le sont les autres étudiantes. L’été précédent, elle a fait la connaissance d’un jeune garçon, Eddie Cohen. Celui-ci va l’initier à la sexualité théoriquement en lui recommandant la lecture d’un ouvrage rédigé par un médecin. Il lui donne des conseils et lui suggère même de se faire poser un diaphragme, ce qu’elle ne fera pas. Cela ne l’empêche pas d’éprouver du plaisir avec des garçons dans des flirts poussés. Et nous savons qu’au moment de rencontrer Ted, Sylvia a perdu sa virginité(14).

Ted Hughes est un jeune homme farouche et ambitieux qui sait, depuis l’âge de 16 ans, qu’il veut devenir un poète majeur, un écrivain de l’envergure de W. B. Yeats ou de D. H. Lawrence. Il aime flirter. Sylvia lui a-t-elle tapé dans l’œil ? Pas évident. Certes, elle ne passe pas inaperçue. On la décrit comme exubérante, prétentieuse, impatiente … Ted l’aurait lui-même trouvée trop « sûre d’elle(15) ». Sylvia a, c’est vrai, un caractère affirmé. Mais c’est aussi une très belle jeune fille à en croire les photos de l’époque. Du haut de son mètre soixante-quinze, elle a la taille fine et les épaules larges, un visage nerveux, des yeux sombres et les cheveux châtain clair.

Au moment de leur rencontre, Sylvia cherche un partenaire sur lequel elle pourrait se reposer. Elle est d’ailleurs engagée dans une liaison avec Richard Sassoon, un jeune américain alors étudiant à la Sorbonne. Mais cette histoire qui dure depuis deux ans n’est pas à la hauteur de ses espérances. Alors, quand elle croise Ted, elle se persuade qu’il est le seul homme capable de lui faire oublier Richard. Mais, voilà ! Ted a la réputation d’être un tombeur. Pas certain qu’il voit les choses de la même façon.

Une deuxième rencontre à Londres

sylvia-plath-ted-hughesUn mois s’écoule avant qu’ils ne se retrouvent pour la deuxième fois. A Londres. Le 23 mars 1956. Sylvia a loué une chambre d’hôtel pour une nuit avant d’embarquer pour Paris dans l’espoir de retrouver Sassoon ; Ted, de passage, loge chez des amis. Le jeune homme apprend la présence de Sylvia à Londres et demande à ses amis d’organiser une rencontre. Ils vont passer la soirée à discuter, à se confier. Il est d’ailleurs probable que Sylvia lui ait parlé cette nuit-là de sa dépression et de sa tentative de suicide de l’été 1953, liées à des soucis financiers, aux besognes alimentaires et aux surmenage. Elle n’a alors que 20 ans. Les soins et l’amitié d’une psychiatre lui permettent de reprendre une vie normale. Ted et Sylvia sont subjugués l’un par l’autre. Quand ils rejoignent la chambre de Sylvia, la tension sexuelle est palpable ; ils font violemment l’amour toute la nuit(16).

Le lendemain, Sylvia part pour la France. Pendant qu’elle cherche en vain Richard, elle pense à Ted. Elle envisage même d’écourter ses vacances pour aller le retrouver. Elle renonce finalement et préfère lui envoyer une carte postale représentant La Charmeuse de serpents du Douanier Rousseau dans laquelle elle lui propose de se retrouver une nuit à son retour(17). Ted, très épris, lui envoie deux billets sans savoir si elle les recevra. Dans le premier billet daté du 31 mars 1956, il lui dit que le souvenir d’avoir exploré son corps nu lui a injecté « comme du brandy » dans le sang, imprégnant son esprit, le réchauffant et l’excitant, comme si ce brandy qu’il lui avait servi le soir de leur rencontre à Falcon Yard avait gorgé sa peau à elle, et qu’il avait attendu un mois à elle pour y goûter (18).

A son retour, le vendredi 13 avril, Sylvia court se jeter dans ses bras. Ils ont rendez-vous à Londres, dans une chambre d’étudiant du 18 Rugby Street. A partir de ce jour, ils ne vont plus se quitter. Pendant sept ans. Sylvia veut se marier. Si elle pense avoir perdu Richard, elle a trouvé Ted et elle veut le garder. Mais après son retour de Londres, Sylvia reçoit une lettre de Sasoon dans laquelle il explique les raisons de son absence à Paris et lui demande de lui pardonner. Sylvia qui pense l’avoir perdu envisage peut-être de poursuivre leur liaison. En tout cas, ils continuent de correspondre au printemps de 1956. Elle lui fera même part de sa décision d’épouser Ted.

 La peur de l’abandon

Pourquoi Sylvia a-t-elle tant de mal à se décider ? Le décès de son père quand elle avait 8 ans a fait naître chez elle une peur de l’abandon qui la fragilise. A la mort de son père, elle a ce mot : « Je ne parlerai plus jamais à Dieu ». Ce premier drame l’a profondément marquée et ce père mythique, idéalisé hantera nombre de ses poèmes.

Pour éviter de se retrouver seule, une de ses stratégies consiste alors « à sortir avec un grand nombre de garçons, et d’abandonner n’importe lequel d’entre eux avant qu’il l’abandonne elle – une sorte de surenchère(19) ». Elle note dans son Journal : «Je m’efforçais de faire comme un homme, pouvant choisir de coucher ou de ne pas coucher avec Untel ou Untel. Je me vengeais(20).»

Alors quand elle sent que c’est terminé avec Sassoon, elle doit absolument confirmer son union avec Ted pour ne pas être abandonnée un jour par celui-ci. Au bout de quelques semaines, les deux amoureux envisagent donc de se marier, passant outre les réticences de certaines personnes de leur entourage et les incertitudes quant à leur avenir professionnel. Sylvia prend les devants. Elle lui fait sa demande.

Un mariage discret

Ils se marient le 16 juin 1956 à Londres, en l’église Saint George le Martyr. Une seule personne est présente : Aurélia, la mère de Sylvia, arrivée tout juste des Etats-Unis. La famille de Ted n’a pas été invitée, ni les amis. En fait, Sylvia tient à garder le plus longtemps possible secret leur mariage car elle a peur de perdre sa bourse Fulbright.

Puis ils partent en voyage de noces tout l’été dans le petit village de pêcheurs de Benidorm en Espagne. Sylvia est heureuse. Voici ce qu’elle écrit dans son Journal : « De ma vie, je n’ai connu conditions aussi idéales : un mari beau, brillant, magnifique (elle est loin, l’époque minable où mon ego se satisfaisait – à moitié – de la conquête, plus facile chaque fois, de ces hommes frêles) ; une grande maison tranquille, sans visites, ni téléphone, ni interruption(21) ». Ils vivent en harmonie, engagés dans le même combat : devenir des artistes accomplis. De plus, Sylvia s’épanouit dans son rôle d’épouse.

Après un bref voyage à Paris et un séjour chez les parents de Ted dans le Yorkshire, les Hughes retournent à Cambridge. Ils trouvent un petit appartement crasseux sur Eltisley Avenue où ils s’installent pendant que Sylvia termine ses études. Puis ils s’installent à Londres. Ils enchaînent les logements petits et sales. Ils ne peuvent pas s’isoler pour travailler. Et parfois, c’est chacun à tour de rôle.

Progressivement, les tâches ménagères, les soucis financiers et la dactylographie des manuscrits de Ted occupent plus Sylvia que sa propre carrière. Mais Sylvia qui a trouvé son guide ne s’inquiète pas de l’avancement de sa propre carrière. Elle admire Ted et celui-ci la reconnaît en tant qu’artiste à part entière, une première pour Sylvia. Elle est comblée.

Le départ pour les Etats-Unis

Mais les logements exigus et les difficultés financières les poussent à accepter un poste aux Etats-Unis. Sylvia décroche un poste à l’Université de Smith. Elle va pouvoir concilier enseignement et écriture, sans se préoccuper des fins de mois difficiles. Elle commence aussi à penser à la maternité.

Mais très vite, elle se rend compte que sa carrière d’enseignante ne lui laisse pas le temps d’écrire. Elle décide d’y mettre fin. Au même moment, elle fait la connaissance de Robert Lowell qui anime des ateliers d’écriture à l’université de Boston. Le couple quitte alors Northampton pour Boston.

Sylvia traverse une passe difficile. Elle note dans son Journal le 13 juin 1959 : « Sentiment d’impatience insupportable. Cette semaine mon Bed Book devrait être accepté ou refusé par l’Atlantic Press(22). » Insatisfaction professionnelle tout d’abord. Et puis instabilité émotionnelle, proche du désespoir : « Tout est devenu stérile. Je fais partie des cendres du monde, quelque chose dont rien ne poussera, ne fleurira ni ne deviendra fruit. Dans les termes choisis de la médecine du XXe siècle, je ne peux pas ovuler. […] J’ai travaillé, saigné, je me suis cogné la tête contre les murs pour arriver où je suis. Avec le seul homme au monde qui me convienne, que je puisse aimer. J’aurais des enfants jusqu’au retour d’âge si je pouvais. […] Je veux être une Mère Terre au sens le plus riche et profond(23) », note-t-elle le 20 juin. Désespérée de ne pas tomber enceinte, une nouvelle dépression la guette. Elle est de nouveau fragile, instable émotionnellement.

Un amour exclusif

Son amour pour Ted est exclusif, possessif. Elle est jalouse, le soupçonne de la tromper. La veille de quitter Northampton, se produit un incident qui provoque une crise dans le couple. Sylvia a donné rendez-vous à son mari sur le parking de l’université. Il est en retard. Elle décide d’aller à sa rencontre sur le campus. Elle l’aperçoit alors en compagnie d’une étudiante. Sylvia, incapable de se contrôler, explose. Sa colère dure plusieurs jours. Il y a une altercation, un pouce blessé et un visage griffé.

Le couple se dégrade. Sylvia est soupçonneuse. Elle note dans son Journal : « Altercation avec Ted à propos de Jane Truslow – « Tu la connais – Pourquoi serais-je censé savoir de qui il s’agit ? » ; et à propos des boutons – il a dit à Marcia et Mike que je cache ses chemises, déchire ses chaussettes trouées et ne recoud jamais un bouton. […] Il pensait qu’en me faisant honte, il pourrait me manipuler. Réaction de ma part : un entêtement plus grand encore […] ce n’est pas une question de sièges ou de boutons, mais une victoire l’un sur l’autre(24). » L’union parfaite commence à se fissurer.

Maternité et vie à la campagne

sylvia-plath-ted-hughes-enfantA la fin de l’année 1959, ils décident de retourner vivre à Londres. Le 1er avril 1960, naît Frieda, l’enfant tant attendu par Sylvia. En février 1961, elle est victime d’une fausse couche avant d’être hospitalisée pour une opération de l’appendicite. A la fin de l’été, ils décident de quitter Londres pour vivre à la campagne. Ils emménagent à Court Green, un ancien manoir situé dans le Devon. Le 17 janvier 1962, Sylvia donne naissance à Nicholas.

La vie à Court Green est rythmée par le travail, l’entretien de la maison et les enfants. Chacun passe de longues heures à s’occuper de Frieda et de Nicholas, des tâches domestiques, de l’entretien du jardin et le reste du temps, ils écrivent des pages qui permettent de régler les factures.

Mi-mai 1962, les Hughes reçoivent Assia Wevill et son mari David, tous deux rédacteurs publicitaires, pour un week-end à Court Green. Les Wevill ont repris le bail de location de l’appartement de Chalcot Square, occupé précédemment par Ted et Sylvia. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance, après une première soirée passée ensemble à Londres un an auparavant. L’après-midi est destinée à de longues marches dans la campagne anglaise. On discute littérature.

Le dîner se passe à merveille. On mange, on boit et on parle poésie. L’atmosphère est détendue. David Wevill confira à ses biographes que Sylvia fut d’une compagnie agréable ce soir-là, « intelligente, spirituelle curieuse et chaleureuse(25) ». Ils veillent tard.

Sylvia est la première à monter se coucher ; elle demande à Ted de venir la rejoindre mais celui-ci préfère rester avec leurs invités. Sous le charme d’Assia, il veut prolonger le plus longtemps ce moment. Assia est une très belle femme, pulpeuse, aux yeux et aux cheveux noirs. Mais c’est aussi une calculatrice et une prédatrice. Car Assia avait prévu en venant à Court Green de séduire Ted qu’elle admire. Elle aurait même déclaré qu’elle se maquillerait avec ses « peintures de guerre » pour aller dans le Devon séduire le poète(26).

Le 19 mai, les Wevill reprennent le train pour Londres. Le mal est fait. Ted est séduit par cette femme que certains qualifient de « rapace ». Il n’en faut pas plus pour séduire Ted. Il part à la chasse.

Ted et Assia

A la fin juin, il profite d’un voyage à Londres pour tenter sa chance. Il passe la voir à l’agence où elle travaille. Elle n’est pas là. Il lui laisse un mot : « Je suis venu pour te voir, en dépit de tous les mariages ». Assia lui répond en lui envoyant une rose entre deux feuilles de papier vierge(27).

De son côté, si Sylvia n’a pas encore pris conscience des sentiments de son mari à l’égard d’Assia, elle pressent quelque chose, que leur lien si étroit commence à se desserrer. Après la visite des Wevill, elle écrit des poèmes dans lesquels transparaissent sa détresse, sa souffrance.

« L’amour ne peut venir ici.

Une brèche noire se révèle.

Sur l’autre lèvre

Une petite âme blanche s’agite, un petit asticot blanc.

Mes bars aussi mon désertée.

Qui nous a ainsi démembrés ?

L’obscurité se fond. Nous nous touchons comme des estropiés(28) ».

Le couple est malade, abîmé.

Sylvia fait aussi preuve de clairvoyance sur le chemin que Ted va prendre.

« Ce fut comme un effort, une hâte immobile,

Des mains serrées autour d’un bol de thé,

Un cercle obtus, brutal, sur le blanc de la porcelaine.

C’est lui qu’elles attendaient, ces morts fragiles,

L’attendaient en fiancées, l’excitaient.

Et nous étions, lui, moi, liés aussi(29) ».

Encore fallait-il qu’elle l’accepte.

La révélation

L’été 1962 est caniculaire. L’été va être la saison de la révélation au grand jour. Un jour, Sylvia rentre à la maison accompagnée de sa mère après avoir fait des courses. Sylvia gare la voiture et commence à décharger les paquets. Soudain, elle entend la sonnerie du téléphone et se précipite pour décrocher le combiné. Au même moment, Ted dévale les escaliers. Trop tard. Une femme demande à parler à son mari. Sylvia lui passe le téléphone, silencieuse. Elle a reconnu la voix. C’est Assia. La conversation terminée, Sylvia arrache les fils du téléphone et se réfugie à l’étage. Ted la suit, laissant Aurélia, la mère de Sylvia, s’occuper des enfants. Les heures s’écoulent. Personne ne sort. Le lendemain, au petit déjeuner, l’ambiance est glaciale. Sylvia est pâle et tremblante. Peu après, Ted fait ses bagages et part pour Londres.

Sitôt seule, Sylvia veut se venger. Elle monte dans le bureau de Ted, ramasse tout ce qu’elle trouve – lettres, manuscrits … – sur son bureau à elle, elle prend le roman d’anniversaire sur lequel elle est en train de travailler. Dans la cour, elle en fait un grand tas. Puis y met le feu. Sa mère est impuissante face à la destruction : « Sylvia me dit que ce manuscrit avait symbolisé le temps d’un bonheur qui s’avérait maintenant construit sur une confiance bafouée – le personnage héros était mort pour elle – elle avait allumé son bûcher funéraire(30) ». Le désespoir est bien là. Sylvia doit affronter le mensonge et la trahison.

Si nous n’avons aucune preuve de l’infidélité sexuelle de Hughes avant sa rencontre avec Assia, nous savons avec elle qu’il va inaugurer un mode de vie qui sera sien jusqu’à la fin de sa vie : celui d’entretenir, parallèlement à son mariage, « une sorte de réserve de chasse intime(31). »

Ted est parti rejoindre Assia qui n’est pas libre pour autant. Le 13 juillet, les amants se retrouvent à l’hôtel. Ils font l’amour violemment, une brutalité qui choque Assia. Elle raconte d’ailleurs à Nathaniel Tarn que sa passion est « violente et animale »(32). Et que cela l’a un peu « refroidie ». Quand elle rentre chez elle, David est fou de la jalousie. Se sentant coupable, elle décide de rester à ses côtés. Ted retourne dans le Devon mais garde contact avec Assia par téléphone.

Mais son retour n’est pas synonyme de réconciliation. Si en public, le couple sauve les apparences, en privé, l’atmosphère est tendue. Ted est de plus en plus absent de Court Green. Sylvia n’écrit plus. Physiquement, elle est très affaiblie. Elle commence à accepter l’idée d’une séparation. Mais pour l’instant, elle refuse le divorce, à moins que Ted leur accorde une pension substantielle afin de subvenir à ses besoins et ceux des enfants. Il semble cependant qu’elle croit encore à une réconciliation. En septembre, ils partent à Dublin rendre visite à des amis puis séjournent en Irlande. Ont-ils essayé de réparer les pots cassé ? Le début du séjour se déroule bien. Mais, pour des raisons confuses, Ted décide de repartir brusquement pour Londres. En fait, il est parti en Espagne avec Assia. Cette escapade était prévu de longue date, semble-t-il. Sylvia ne comprend pas ce départ soudain. Elle le vit comme un nouvel abandon.

 Ecrire

En octobre, la rupture est consommée. Ted lui annonce sa décision de quitter Court Green. Sylvia est dans un état de santé préoccupant. Elle a perdu beaucoup de poids, a des accès de fièvre, souffre d’insomnies. Affaiblie physiquement et moralement, c’est durant cette période, pourtant, qu’elle va créer intensément. Chaque matin, aux alentours de quatre heures, quand les somnifères n’agissent plus, Sylvia se met à écrire, jusqu’au réveil des enfants. Alors qu’elle a occupé jusqu’à présent un rôle de second auprès de son mari, l’abandon de Ted lui permet enfin de se réaliser entièrement. C’est sa période de création la plus féconde ; en un mois, elle écrit vingt poèmes dont douze après le départ de Ted. Enfin, elle n’a plus à vivre dans son ombre.

Nombre de ses poèmes sont marqués par la révolte. Car Sylvia a été trahi non seulement en tant qu’épouse et mère de deux enfants mais aussi en tant qu’artiste. Ted n’a finalement pas respecté son travail. Longtemps, elle a cru que leur relation était sur un pied d’égalité. Aujourd’hui, elle se rend compte qu’elle s’est trompée. Le 2 décembre, elle a terminé tous les poèmes de son nouveau livre. Son désespoir a été créateur. Sylvia veut désormais divorcer comme ça, dit-elle : « si je divorce, il ne pourra plus m’être infidèle(33) ». Ted a accepté de leur aider matériellement.

La Cloche de détresse

Le 12 décembre, Sylvia quitte Court Green pour Londres où elle a décidé de s’installer. L’hiver est extrêmement rude. L’appartement qu’elle occupe avec les enfants est privé de téléphone, les tuyaux, gelés, explosent, les privant de l’eau courante. Très isolée, elle se sent plus seule que jamais. Jusqu’à la fin du mois de janvier, elle n’écrit pratiquement pas.

Puis une jeune fille au pair se présente. Elle se remet à écrire : douze poèmes entre le 28 janvier et le 5 février. Ted leur rend visite une fois par semaine. Il est toujours engagé auprès d’Assia qui ne veut pas mettre fin à son mariage, même si son mari est au courant. Leur liaison n’est plus un secret pour personne et ils s’affichent dans le monde littéraire.

Le 14 janvier, paraît La Cloche de détresse, le premier roman de Sylvia. Ses attentes sont déçues. Elle ne reçoit pas l’estime escomptée. Ce qui la fragilise encore plus.

Dans un état psychologique fragile, Sylvia est mise sous anti-dépresseurs. Son état est alarmant. Le médecin qui la soigne a même demandé une hospitalisation, mais il n’y a pas de chambre disponible. Il obtient néanmoins qu’une infirmière assiste Sylvia à son domicile ; celle-ci doit arriver le 11 février.

Après un week-end passé chez des amis, Sylvia insiste pour rentrer chez elle avec les enfants, assurant qu’elle se sent beaucoup mieux. Le lendemain matin, elle prépare le petit déjeuner et le monte à l’étage aux enfants. Dans leur chambre, elle dépose le plateau, ouvre grand la fenêtre. Puis elle referme la porte et colle tout autour du papier-adhésif. Sur une feuille, elle note le numéro de téléphone du docteur et l’épingle au landau de Nicholas qui se trouve dans la pièce attenante à la chambre des enfants.

Elle descend dans la cuisine, calfeutre porte et fenêtres avec des serviettes et des vêtements. Puis elle ouvre le four et tourne le bouton à gaz. Elle s’allonge sur le sol. L’infirmière devait se présenter le lendemain.

Elle n’a pas supporté un deuxième abandon. Dans son geste, elle a sauvé ses enfants.

L’après Sylvia Plath

Frieda va avoir trois ans ; Nicholas n’a que treize mois. Ted s’installe dans l’appartement de Sylvia pour prendre soin d’eux.

Sylvia n’ayant pas fait de testament, il hérite de son œuvre. Il n’aura de cesse de la faire reconnaître. Il rassemble les manuscrits de Sylvia. Sur son bureau, il trouve le manuscrit d’Ariel. Il entreprend de le publier. C’est chose faite en 1965. Ariel connaît, depuis cette date, un succès ininterrompu.

Assia passe plusieurs mois à ses côtés tandis que son mari David est au Canada auprès de sa mère mourante. Quand David rentre, Assia le rejoint mais partage toujours sa vie entre deux hommes : Ted et David.

Le 13 mars 1965, elle met au monde une petite fille, Alexandra Tatiana Elise, surnommée Shura. Si David Wevill reconnaît l’enfant, Shura est en fait la fille de Hughes. La situation ne tient pas longtemps et Assia part vivre avec son bébé à Court Green. Sous leur toit, vivent aussi les parents de Ted qui ne sont pas prêts à accepter la présence d’Assia. Sous la pression, celle-ci quitte Court Green à la fin de l’automne 1967. Ce départ la fragilise moralement. Elle fait une dépression, parle même de suicide. De son côté, Ted entame une liaison avec une voisine.

Le 25 mars 1969, elle téléphone à Ted. Ils se disputent. La conversation ne mène à rien. Après avoir raccroché, Assia sert à Shura une boisson remplie de somnifères et en prend aussi avec du wisky. Elle s’allonge sur le sol avec Shura dans les bras et ouvre le gaz. A l’âge de 41 ans, elle emporte avec elle une petite fille de 4 ans.

Ted Hughes sombre alors dans le désespoir. A son frère, Gerald, il écrit : « Les personnes qui vivent avec moi attrapent ma mélancolie mais elles ne possèdent pas mes armes pour s’en défendre(34). » Il décide de quitter Court Green.

Le 19 août 1970, il se remarie à Londres avec Carol Orchard. Elle sera une mère pour ses enfants et apportera un équilibre au foyer. Ce qui n’empêcha pas Ted de se lier avec d’autres femmes.

Entre 1963 et 1997, Ted Hughes a gardé le silence. Certains l’ont accusé d’être responsable du suicide de sa femme. Au début de l’année 1998, il a publié Birthday Letters, 35 ans après la disparition de Sylvia. Ce recueil comprend quatre-vingt-huit poèmes de Ted tissés avec ceux de Sylvia Plath. Un hommage à la poétesse qui a partagé sa vie pendant 7 ans. Ted Hughes est décédé en octobre 1998.

 

Notes :

  • (1) St. Botolph’s, BL, p. 25.
  • (2) La St. Botolph’s Review tire son nom d’un presbytère appartenant à la veuve d’un ancien pasteur. Celle-ci s’est prise d’amitié pour les étudiants excentriques et les artistes fauchés de Cambridge. En échange de l’entretien de sa chaudière, elle leur prête un local pour travailler, un poulailler désaffecté.
  • (3) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 20.
  • (4) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, pp. 141-142.
  • (5) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 142.
  • (6) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 142.
  • (7) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 142.
  • (8) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 142.
  • (9) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 144.
  • (10) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 144.
  • (11) GODI (Patricia), Sylvia Plath : Mourir pour vivre, Aden, 2006, p. 123.
  • (12) GODI (Patricia), Sylvia Plath : Mourir pour vivre, Aden, 2006, p. 123.
  • (13) GODI (Patricia), Sylvia Plath : Mourir pour vivre, Aden, 2006, p. 123.
  • (14) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, pp. 70-72.
  • (15) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 33.
  • (16) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 51.
  • (17) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 174.
  • (18) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, pp. 55-56.
  • (19) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 79.
  • (20) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 47.
  • (21) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 181.
  • (22) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, pp. 407-408.
  • (23) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, p. 409.
  • (24) PLATH (Sylvia), Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999, pp. 364-365.
  • (25) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 225.
  • (26) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 227.
  • (27) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 228.
  • (28) PLATH (Sylvia), Arbres d’Hiver, Gallimard, 1999. Poème « Evénement », pp. 111-112.
  • (29) PLATH (Sylvia), Arbres d’Hiver, Gallimard, 1999. Poème « Le Braconnier », p. 209.
  • (30) Lettre d’Aurélia Plath à Leonardo Sanazaro, 4 mai 1982.
  • (31) MIDDLEBROOK (Diane), Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006, p. 232.
  • (32) TARN (Nathaniel), Journal, Stanford, 19 juillet 1962.
  • (33) Lettre de Sylvia Plath à Aurélia Plath, 9 octobre 1962.
  • (34) Ted Hughes à G Hughes, 14 avril 1969, cité par Diane MIDDLEBROOK, 309.

 

Bibliographie :

  • GODI Patricia, Sylvia Plath : Mourir pour vivre, Aden, 2006.
  • HUGHES Ted, Birthday Letters, Gallimard, 2002.
  • MIDDLEBROOK Diane, Son mari. Ted Hughes et Sylvia Plath, histoire d’un mariage, Phébus, 2006.
  • PLATH Sylvia, Arbres d’Hiver, Gallimard, 1999.
  • PLATH Sylvia, Carnets intimes, Editions de La Table Ronde, 1991.
  • PLATH Sylvia, Journaux, 1950-1962,Gallimard, 1999.
  • PLATH Sylvia, Oeuvres, Quarto Gallimard, 2011.
  • PUJADE-RENAUD Claude, Les femmes du braconnier, Actes sud, 2010.
ONU objectifs developpement durable

11 octobre 2015 : Journée internationale des filles

Dans le monde, une fille sur 5 est encore privée d’éducation. Pourtant,  » il n’existe aucun instrument de développement plus efficace que l’éducation des filles. Si nous voulons que nos efforts aboutissent à la construction d’un monde en meilleure santé, plus pacifique et équitable, les classes du monde doivent être remplies de filles aussi bien que de garçons », déclare Kofi Annan, ex-Secrétaire général des Nations Unies.

Car donner à une fille une éducation de qualité dans un environnement sûr, c’est automatiquement moins de misère pour elle et sa famille et plus de développement pour son pays. En 2007, l’ONG Plan International lançait une campagne de lutte pour les droits des filles, et en particulier pour le droit à leur éducation, baptisée « Because I Am A Girl ». Son objectif : donner accès à l’école, d’ici 2016, à 4 millions de filles.

Cette initiative a été renforcé en 2011 par l‘Assemblée générale des Nations Unies qui a déclaré dans la résolution 66/170 le 11 octobre Journée internationale des filles, afin de reconnaître les droits des filles et les obstacles particuliers auxquels, elles se heurtent de par le monde.

Le thème choisi par l’ONU pour cette quatrième édition : les adolescentes, un groupe démographique particulièrement vulnérable et confronté à des obstacles sur le plan social, économique et politique. Si elles ont le potentiel pour devenir les leaders de demain et les actrices du changement, ces jeunes filles doivent encore faire face à des obstacles tels que les grossesses non désirées, les mariages précoces et forcés, la violence basée sur le genre et un accès limité à l’éducation supérieure et aux services de santé de la reproduction.

Dans le cadre de sa nouvelle feuille de route mondiale pour 2030, les États membres des Nations Unies  ont défini des Objectifs de développement durable (ODD); dix-sept ont été proposés sur les femmes. Afin d’atteindre ces objectifs, ONU Femmes présentera régulièrement des données, des reportages, des vidéos et des publications pour illustrer l’impact de chaque ODD sur les femmes et les filles.

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