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Billie Holiday, portrait d’une diva par ses intimes

Qui était vraiment Billie Holiday ? Une grande chanteuse de jazz ? C’est certain. Une diva à la réputation sulfureuse ? Probablement. Prostitution, alcool, drogue… Journalistes et biographes ont largement véhiculé l’image d’une star de tous les excès, contribuant à l’isoler toujours un peu plus. Jusqu’à l’abattre.

Mais que pensaient d’elle ceux qui la connaissaient vraiment ? Bobby Henderson, Lester Young, Bobby Tucker… Linda Kuehl, journaliste, les a rencontrés durant les années 70 ; elle a interviewé plus de 150 personnes ayant approché de près ou de loin Billie Holiday. Malheureusement, Linda Kuehl disparut tragiquement en 1978, et le projet resta dans les cartons jusqu’à ce que la romancière et biographe Julia Blackburn ne tombe, des années plus tard, par hasard sur ces archives et décide d’achever ce travail titanesque.

A partir des témoignages de ses intimes – amis, amants, musiciens, managers, rivales – mais aussi de souteneurs, de dealers ou d’agents des stups, Lady in Satin dresse un portrait bouleversant et tragique de Billie Holiday. Parfois décousus, contradictoires, ces témoignages sont unanimes sur une chose : Billie, on ne pouvait que l’aimer. Elle avait une voix envoutante, une présence incroyable.

En interprétant la chanson Strange Fruit dénonçant le lynchage des Noirs dans le Sud des Etats-Unis, elle fut aussi le symbole – un peu malgré elle – de la lutte contre la ségrégation raciale. Elle qui d’ailleurs se produisit dans les plus grandes salles de concert ne dormait que dans des hôtels miteux réservés aux Noirs.

Emprisonnée en 1947 pendant un an pour détention de drogue, traquée ensuite par les agents du Bureau fédéral des Narcotiques, Billie Holiday vécut dans la peur permanente d’être arrêtée et emprisonnée. Hospitalisée en mai 1959 pour une cirrhose et une insuffisance rénale, elle est de nouveau arrêtée pour détention de drogue et mise sous surveillance policière pendant plusieurs jours. Elle meurt quelques jours plus tard, le 17 juillet, à l’âge de 44 ans.

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Julia Blackburn, Lady in satin, portrait d’une diva par ses intimes, Rivage Rouge, mars 2015.

 

 

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La comtesse de Ségur ou les malheurs de Sophie

Eugène de Ségur, mari infidèle, laissa pendant plus de vingt-ans une épouse humiliée, très malade et esseulée dans son château des Nouettes, en Normandie. Pourtant, il faut croire que la rédemption existe. L’âge arrivant, comprenant ce qu’il a fait subir à Sophie, Eugène lui permet de devenir écrivaine pour enfants. Dès lors, le combat de la comtesse, dans sa sphère familiale, sera celui d’une féministe : elle obtient de son mari qu’il « l’affranchisse », c’est-à-dire qu’il lui permette de gérer elle-même ses droits d’auteurs. La femme bafouée renaît de ses cendres, acquiert son indépendance et signe alors ses ouvrages « Comtesse de Ségur née Rostopchine ». Du nom de son père, ancien ministre du Tsar.

La château des Nouettes : un refuge, une prison

Hiver 1838. La comtesse de Ségur est de retour à Paris. Elle a quitté à son grand regret le château des Nouettes, son refuge(1). Pour Sophie, le retour à la réalité est difficile : une ville bruyante et malodorante, une belle-mère qui ne l’apprécie guère, un époux souvent absent. Un soir, Eugène qui n’a pas changé ses habitudes avec le retour de son épouse, se prépare à sortir. Où va-t-il ? Chez Olympe Pélissier ? Chez la princesse de Wittgenstein-Sayn ? Sophie, diminuée par la maladie, est jalouse. Comment rivaliser avec Olympe, modèle du peintre Horace Vernet ?

Elle craque. Explose. De colère. Elle ne supporte plus qu’Eugène découche. Ils doivent s’expliquer. Par miracle, sa voix se débloque. Sophie ne se maîtrise plus. Elle semble devenue folle. De rage. Elle hurle en russe, donne des coups de pied dans les meubles. Elle pourrait tout casser. Mettre fin à l’humiliation permanente. Ne plus souffrir. Les voisins, accoudés aux fenêtres, sont en première loge pour assister au spectacle. Eugène, consterné, voudrait disparaître. « Si j’avais remarqué à quel point vous avez les yeux jaunes, jamais je ne vous aurais épousé(2) », lui lance-t-elle.

Sophie quitte l’appartement, le temps de laisser Eugène s’échapper. Elle est transe. Elle ne pleure pas, elle rit. Un rire hystérique. Elle retrouve les enfants et leur annonce qu’elle veut faire la fête. Ils se mettent à l’œuvre pour illuminer le salon avec des lampions disposés dans toute la pièce. Quand Eugène rentre, un air de chien battu, l’accueil est chaleureux. Le calme après la tempête. Sa femme a retrouvé la raison.

Mais Sophie sourit pour mieux dissimuler son trouble. Après près de vingt ans de mariage, vingt ans de bons et loyaux services, les derniers espoirs de Sophie se sont envolés. Sophie est brisée. « Eugène n’a pas encore deviné que Sophie a cessé de l’aimer. Le silence de Sophie va revenir. La rechute sera pire que le mal. Ne plus aimer pour Sophie est un désert. Un grand vide, un silence épaissi, une chute plus dure que sa colère. […] Eugène ne sait pas, Sophie non plus, que la dernière scène fut aussi leur dernière fête à deux(3) ».

Le lendemain, plus épuisée que jamais, Sophie regagne sa chambre. Les rideaux sont tirés. Elle est seule dans l’obscurité. La migraine est revenue, si forte. Les douleurs articulaires ont repris, les vomissements aussi. Sophie songe-t-elle à en finir ? Eugène qui n’a pas supporté l’humiliation se venge. Il coupe les vivres à sa femme. Retournée aux Nouettes, son refuge devient sa prison. La comtesse ressasse le passé. Les souvenirs sont douloureux, amers. Si seulement on l’avait prévenu ! Jamais elle n’aurait épousé cet homme volage qui ne l’aime pas.

Désillusions

A 19 ans, Sophie avait tout pour elle. Sa beauté d’abord. Ses lointains ancêtres asiatiques lui ont légué des yeux gris-vert légèrement bridés, des pommettes un peu saillantes et une bouche sensuelle, des cheveux blond cendré. Elle a également reçu une éducation digne de son rang. Elle connaît quatre langues et pratique notamment l’aquarelle et le piano. Enfin, elle vient d’une famille fortunée. Son père est le comte Fédor Rostopchine, ancien ministre des affaires étrangères du Tsar, Paul Ier, assassiné en 1801. En septembre 1812, Fédor Rostopchine, gouverneur de Moscou, ordonne l’incendie de la ville et de sa propriété de Voronovo pour qu’elle ne tombe pas aux mains des armées napoléoniennes.
Épuisé par ces événements, le comte démissionne de ses fonctions en 1814 et part reprendre des forces en Allemagne puis à Paris où il s’installe fin 1816. Le reste de sa famille emménage quelques semaines plus tard dans l’hôtel du maréchal Ney, avenue Gabriel.

La vie à Paris ravit la famille. Sophie et ses sœurs sont de tous les bals. La comtesse Rostopchine veut les marier au plus vite. Très dévote, elle a une seule exigence : que le prétendant soit catholique. Cette dernière trouve rapidement un bon parti, selon ses critères, pour Sophie. Il s’agit d’Eugène de Ségur. A défaut de fortune, il a un nom et l’espoir d’hériter, à la mort de son grand-père, ancien ambassadeur de Louis XVI auprès de Catherine II, de son siège à la Chambre des Pairs. Le père de Sophie est moins enthousiaste que sa femme. Il le trouve même trop beau, « comme s’il pressentait les tourments que cette belle figure, à laquelle peu de femmes sont insensibles, va réserver à sa fille(4) . » Il est loin d’avoir tort. Eugène profite de sa vie de célibataire. Il a déjà eu de nombreuses aventures, « avec des filles recrutées sous les arcades du Palais-Royal, plutôt qu’avec des femmes de monde(5) ». Il n’est pas pressé de se marier. Sa liberté lui est trop précieuse.

Les mères ont tout organisé. La rencontre doit avoir lieu lors d’un bal. Ce soir-là, Sophie rayonne. Les deux jeunes gens se retrouvent au petit salon pour bavarder. Que se disent-ils ? Eugène paraît sensible aux charmes de Sophie. Il la fait rire en lui racontant un souvenir d’enfance. Brusquement, pour mettre fin à la conversation, Eugène l’embrasse sur la bouche. Sophie, surprise et gênée, est déjà sous le charme du jeune homme. Quelle idée se fait-elle alors du mariage ? Lui a-t-on parlé de la nuit de noces ? C’est peu probable.

Le mariage est célébré le 14 juillet 1819. Neuf mois plus tard, Sophie met au monde Gaston. Le 5 décembre 1821, naît un second petit garçon qui ne va vivre que quelques semaines. Anatole vient au monde le 23 avril 1823. Sophie va accoucher régulièrement tous les deux jusqu’en 1829, année de naissance des jumelles. Après quoi, il faut attendre six ans. Mais si la naissance des enfants atteste de relations sexuelles au sein du couple, Eugène est peu présent. Il n’a pas renoncé à sa liberté. Il ne se prive pas des plaisirs de la chair à l’extérieur du foyer conjugal.

Sophie se sent très vite isolée. Sa famille a repris la route de la Russie en mai 1823 et sa belle-mère, la comtesse Octave de Ségur, ne la porte pas dans son cœur. Paris n’est pas une ville qui lui convient ; elle a besoin d’air, de grands espaces. Sophie souffre du manque d’attentions d’Eugène. Alors quand son père lui offre le château des Nouettes, c’est une aubaine pour elle. Loin des soucis parisiens, elle peut enfin se ressourcer en Normandie.

Avec les années, Sophie apprend l’abandon, la solitude, le désespoir. Mais aussi le dégoût. Dégoût pour ce mari qui ne lui rend visite que pour profiter de son corps. Une fois le plaisir obtenu, il s’en va, sans se retourner. Mais Sophie ne veut plus d’enfant. Elle est épuisée physiquement. Son mari n’est plus le bienvenu dans sa chambre. En plus, ce mari volage n’a jamais pris de précautions pour épargner son épouse. Il n’hésite pas à flirter sous ses yeux avec les bonnes. Alors quand Sophie tombe malade, il est très probable qu’elle est contractée une maladie vénérienne à cause de son mari(6) . Eugène, qui voit son épouse malade, la fuit encore plus. Car si Sophie est réellement amoureuse de son mari, au moins pendant les premières années de leur union, pour Eugène, c’est un mariage de raison, un mariage arrangé, la norme à cette époque.

Les heures sombres

Quand Sophie accouche de son dernier enfant en 1835, elle a 36 ans. Les infidélités de son mari et les huit grossesses ont eu raison de sa santé. Elle tombe gravement malade. Elle sombre dans une dépression nerveuse qui provoque le blocage du larynx. Sophie ne parle plus. Son seul moyen de communication : une ardoise. Elle passe ses journées sur une chaise longue, ses nuits dans son lit qu’elle a transformé en « un matelas mince comme une couverture(7) ». Elle ne quitte plus son oreiller en caoutchouc censé apaisé les migraines. Certaines nuits, elle ne dort pas.

Aucun médecin ne parvient à la soulager de cette maladie que l’on ne nomme pas encore. Certains la croient perdu. Les sangsues, censées soulager ses maux de rein, l’affaiblissent plus qu’elles ne la soignent. « De longues, de dures et très dures souffrances, qu’un absurde médecin ne sût qu’aggraver, l’obligèrent à rester étendue sur un lit de douleur, pendant plus de treize ans. Dans cet état si pénible, elle gardait toujours sa bonne humeur, sa gaieté, sa douceur inaltérable ; elle était toujours la même, ne se plaignant jamais, uniquement préoccupée de nous, de notre santé, de nos joies, de notre bonheur(8) », raconte Gaston, le fils aîné Gaston. Migraines, nausées, paralysie provisoire des membres supérieurs, douleurs vertébrales, accélération cardiaque sont désormais son lot quotidien. Sa chambre est devenue un lieu de repli quand le mal revient. Une prison. Dans ces conditions, comment s’occuper des enfants ?

Le château des Nouettes vit au rythme de la santé de la maîtresse des lieux. Les enfants ont appris à faire le silence : « Les jours de migraine de notre chère maman, les Nouettes devenaient une succursale de la Trappe pour le silence, notre bien-aimée malade ne pouvant supporter aucun bruit. On allait et venait dans le corridor sur la pointe du Pied ; la parole devenait un souffle et se faisait rare lorsqu’on entrait chez notre bonne mère, pour savoir de ses nouvelles. On ouvrait à deux mains, pour empêcher tout mouvement précipité, la première porte qui isolait déjà la chambre de tout bruit ; puis l’on redoublait de soins pour celle même de la chambre et l’on entrait lentement, lentement, dans la pièce restée obscure à dessein. Quelle peine alors de voir notre pauvre mère livide, les yeux éteints, le front couvert d’une sueur froide, le visage décomposé par la souffrance ! Elle pouvait à peine articuler une parole, malgré son courage. On déposait sur son front un baiser tendre et léger, puis on se retirait en se regardant tristement, car nos cœurs devenus gros souffraient pour elle et avec elle(9) », raconte Olga, la plus jeune.

Démunis devant le mal qui ronge leur mère, les enfants essaient de lui redonner le moral. Parfois, ils lui préparent des petits plats russes, ceux qu’elle aime tant et qui lui rappellent sa terre natale. Les lettres de Gaston sont aussi des moments de réconfort : « Quand serais-je donc là toujours auprès de vous pour vous forcer à bien vous porter ? Je serai bien heureux quand ce moment sera arrivé à je m’ennuie furieusement dans la cage(10). » Gaston a alors 17 ans.

Le jour, elle tente de faire bonne figure devant les enfants ; la nuit, elle s’effondre. Parfois, la voix revient. Puis s’en va, de nouveau. Sophie reprend alors l’ardoise et la craie pour communiquer avec ses enfants. Ils ne savent pas que la nuit il lui arrive d’écrire sur l’ardoise « un prénom dévastateur(11)», celui de son mari : « Eugène ». Quelques lettres qui ravivent aussitôt la douleur. « Pour cautériser son être, rattraper son identité, raffermir ses os en train de fondre, elle grave en russe : Sophie Feodorovna née Rostopchine((12)». Son état de santé ne favorise pas un rapprochement avec Eugène qui mène une vie de célibataire à Paris tandis que Sophie se morfond aux Nouettes. Sa santé fluctue au gré des événements. Quand Gaston, le fils aîné, revient pour les vacances, Sophie retrouve la voix. Quand il doit partir pour Rome pour plusieurs années, elle se mure de nouveau dans son silence. Malgré la maladie de Sophie, la vie continue au château. Nathalie, l’aînée, et Paul de Malaret se fiancent en 1844. En 1846, Anatole, le cadet, est nommé au Conseil d’Etat. Gaston est ordonné prêtre en 1847. Et Sophie va mieux. Elle parle de nouveau, chante même. Pressent-elle que la guérison est proche ? Imagine-t-elle qu’elle viendra d’Eugène, celui qui l’a tant fait pleurer ?

Renaissance

En 1854, Eugène de Ségur, président des Chemins de fer de l’Est, est invité à l’inauguration du Paris-Strasbourg. Dans le train, il rencontre Louis Hachette qui le sollicite pour la mise en place d’une bibliothèque des chemins de fer. A son retour, Eugène se souvient des contes de Sophie, un type d’ouvrage idéal pour Hachette. Publier des contes la distraira de la cécité de son fils. Gaston, le fils adoré, a définitivement perdu la vue. Cela l’occupera et l’empêchera de retomber dans son silence et ses migraines. Eugène a changé. Il comprend maintenant la souffrance de sa femme, notamment vis-à-vis de leur fils. Eugène a 56 ans. Il est fatigué. Le temps n’est plus aux crises de jalousie. Il va permettre à sa femme de devenir l’un des plus célèbres écrivains pour enfants.

Eugène présente Sophie à Monsieur Hachette. C’est le début d’une belle aventure. Sophie a 56 ans. Elle fait son entrée en littérature. Une entrée tardive certes mais qui va s’avérer prolifique. Le 1er octobre 1955, elle signe son premier contrat avec la librairie Hachette. C’est une renaissance. Son silence est terminé. Elle va écrire sans relâche pendant dix-sept ans. Et publier pas moins de vingt-cinq ouvrages.

Elle va aussi lutter pour obtenir son indépendance financière. Au XIXe siècle, une femme ne peut en effet toucher de l’argent sans l’accord de son mari. Eugène va-t-il l’accepter ? Pendant quatre ans, elle va se battre contre lui, pour qu’il l’affranchisse. Elle menace de tout arrêter, de tout brûler. Elle est prête à tout cette fois-ci pour ne pas perdre face à Eugène. Quand enfin, une lettre arrive chez Louis Hachette : « Je viens vous déclarer par cette lettre que j’ai autorisé Mme de Ségur, mon épouse, à disposer complètement de ses œuvres suivant les conditions ou conventions arrêtées entre elles et vous, et à recevoir toute somme qui pourrait résulter de ces conventions(13)». Sophie a gagné.

Elle signe ses ouvrages « Comtesse de Ségur née Rostopchine ». Un pied de nez à Eugène. Si elle avait pu supprimer le nom de « Ségur », elle l’aurait probablement fait. Désormais totalement libérée de son mari, Sophie a obtenu réparation après tant de souffrances et d’humiliations. Elle va écrire sans relâche jusqu’à sa mort en 1874.

Sources :

  • (1) Eté 1920. Eugène et Sophie de Ségur sont partis en voyage de noces en Normandie. En visite chez un parent des Ségur, il découvre à quelques lieux du château de leur hôte, celui des Nouettes, en brique rose du XIIIe siècle. Le château est à vendre. Pour la comtesse, le coup de cœur est immédiat. Mais le jeune couple ne peut se permettre pareille dépense. De retour à Paris, Sophie raconte à son père, le comte Rostopchine, sa découverte. Pour faire plaisir à sa fille qui reste enfermée toute la journée dans son appartement sombre, décide de lui en faire cadeau. Sophie est folle de joie. Après deux ans de travaux, les Ségur prennent enfin leurs quartiers d’été. La comtesse va en faire son refuge.
  • (2) Archives familiales/Ségur. Citée par DUFOUR Hortense, La comtesse de Ségur née Rostopchine, J’ai lu, 2002, p. 341.
  • (3) DUFOUR Hortense, La comtesse de Ségur née Rostopchine, J’ai lu, 2002, pp. 343-344.
  • (4) DIESBACH (Ghislain de), La comtesse de Ségur née Rostopchine, Perrin, 1999, p. 97.
  • (5) DIESBACH (Ghislain de), La comtesse de Ségur née Rostopchine, Perrin, 1999, p. 97.
  • (6) Hypothèse émise par Hortense Dufour dans l’émission « 2000 ans d’Histoire » présenté par Patrice Gélinet sur France Inter. Emission du 7 janvier 2009.
  • (7) DUFOUR Hortense, La comtesse de Ségur née Rostopchine, J’ai lu, 2002, p. 332.
  • (8) SEGUR (Gaston de), Ma mère. Souvenirs de sa vie et de sa sainte mort, Grand Album Comtesse de Ségur, collection Grandes Oeuvres, Editions Hachette, Paris, 1983, p. 12.
  • (9) SEGUR (Olga de), Ma chère maman. Souvenirs intimes et familiers, collection À tous les vents, la Bibliothèque électronique du Québec, p. 37.
  • (10) Lettre de Gaston à sa mère, 14 mars 1937.
  • (11) DUFOUR Hortense, La comtesse de Ségur née Rostopchine, J’ai lu, 2002, p. 336.
  • (12) DUFOUR Hortense, La comtesse de Ségur née Rostopchine, J’ai lu, 2002, p. 336.
  • (13) Lettre d’Eugène de Ségur à Louis Hachette, 27 mai 1859. Cité par DUFOUR Hortense, La comtesse de Ségur née Rostopchine, J’ai lu, 2002, p. 380.
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Zelda et Scott Fitzgerald

Rien de plus bouleversant que le destin tragique de Scott Fitzgzerald et Zelda Sayre. Leur histoire se termine dans l’alcool et la folie, vies brisées dans la force de l’âge, et pourtant on éprouve une sensation de grandeur à les voir s’aimer et se déchirer. Lorsqu’il rencontre Zelda, Scott n’est pas un Picasso ni un Rodin. Mais un jeune homme inconnu qui brûle de devenir célèbre grâce à sa plume. Lorsqu’il réussit enfin, on retrouve chez lui l’égoïsme fondamental du créateur. Il empêche Zelda d’écrire et réclame « l’exclusivité créatrice ». Il fait d’elle l’objet réel de ses fictions et il est même probable qu’il la jette dans les bras d’un jeune pilote Français pour nourrir son travail ! Ils ne se remettront pas de cette histoire d’infidélité. Lorsqu’elle publie, il devient odieux et utilise des mots qui tuent. « Tu as ramassé les miettes que j’ai laissé tomber sur la table » lance-t-il, furieux d’avoir été « volé » de ce qu’il prétend être « son matériau ». C’est-à-dire leur vie commune. Et pourtant Scott et Zelda ont fusionné comme peu d’hommes et femmes.

Loin de l’agitation américaine

Juin 1924. La Côte d’Azur. Zelda et Francis Scott Fitzgerald, couple mythique des années folles, ont loué pour cinq mois la Villa Marie à Valescure, près de Saint-Raphaël. Loin de l’agitation américaine, ils espèrent mener une vie plus stable en Europe. Scott travaille sur le manuscrit de Gatsby le Magnifique, Zelda lézarde au soleil. Les journées passent, se ressemblent. La jeune femme, se sentant délaissée, se rend chaque matin au Café de la Flotte. Elle y rencontre des officiers de l’armée de l’air française. Parmi eux : Edouard Jozan, un lieutenant de 25 ans, l’héritier d’une famille bourgeoise. Il est attirant. Zelda a besoin de plaire. Débute alors une histoire sensuelle que Zelda raconte dans Accordez-moi une valse, son autobiographie à peine déguisée. Seuls les noms ont changé : « Il était bronzé et sentait bon le sable et le soleil; elle s’aperçut qu’il était nu sous la toile empesée. Elle ne pensait pas à David (alias Scott). Elle espérait qu’il n’avait rien vu; mais elle s’en moquait après tout. Elle avait l’impression qu’elle aurait aimé embrasser Jacques (alias Edouard) au sommet de l’arc de triomphe. Embrasser cet étranger vêtu de blanc, c’eût été sacrifier à un rite religieux oublié, ou presque(1). » Zelda succombe, sans anticiper les conséquences. « On prenait ce qu’on voulait de la vie, si on pouvait l’avoir, et puis le reste, on s’en passait(2) ».

Scott ne se rend compte de rien, trop absorbé qu’il est dans l’écriture de Gatsby. « J’aimais bien [Jozan] et j’étais content qu’il accepte de passer des heures entières avec Zelda. Cela me donnait du temps pour écrire. Jamais l’idée ne m’est venue que leur amitié pouvait se transformer en liaison amoureuse(3) », raconte-t-il rétrospectivement. Zelda, elle, vit mal la situation. Elle ne peut cacher cette liaison à Scott. Ce n’est pas la première fois qu’elle flirte avec des hommes mais jusqu’à présent, c’était sans conséquences apparentes. Et elle parvenait, toujours, à redevenir le centre d’attention de son mari. Cette fois-ci, Zelda s’est attachée à son bel aviateur. Certains affirment même qu’elle aurait réclamé le divorce pour que « Scott mette de côté Gatsby et réalise la gravité de la situation(4) ».

Scott réagit, enfin. Il Il lui donne l’ordre de mettre fin à cette liaison : « Si te revois ce type, je te plaque ici et je rentre en Amérique(5). » Il lui interdit également de quitter la Villa Marie et de revoir Jozan. Ce dernier, pour apaiser l’atmosphère, quitte la base voisine de Fréjus, pour être muté à Hyères. Il lui écrira une lettre peu après et lui enverra une photo. Zelda rapporte l’épisode dans son roman : « Alabama ne pût lire la lettre. Elle était en français, elle la déchira en mille morceaux et l’éparpilla sur les eaux sombres du port […] Bien que cela lui brisât le cœur, elle déchira aussi la photographie. C’était pourtant la plus belle chose qu’elle eût jamais possédée dans sa vie, cette photographie. Mais à quoi bon la conserver ?(6). »

L’irréparable

Cloîtrée de mi-juillet à mi-août 1924, Zelda a le temps de réfléchir. Prisonnière, elle prend conscience qu’elle ne peut vivre sans Scott. Et celui-ci a également besoin d’elle, notamment pour écrire. Elle est sa source d’inspiration, « l’héroïne de ses nouvelles ». Il n’hésite pas d’ailleurs à se servir de sa liaison avec Jozan dans Gatsby le Magnifique. Plus tard, Scott reconnaîtra même avoir peut-être encouragé leur liaison pour être en mesure d’ajouter une touche de vraisemblance à son œuvre. Il regretta certainement de l’avoir autorisée, « sachant de quel prix elle le paierait » (7). L’aventure extraconjugale de Zelda marque profondément le couple. Le mal est fait. La trace est indélébile. Zelda dira dans son roman : « Jacques était passé sur cette partie de leur vie à tous deux comme un aspirateur(8). » Et a emporté la confiance mutuelle.

Le couple ne parle à personne de l’escapade amoureuse de Zelda et parvient à sauver les apparences. Peu de temps. Le désespoir de Zelda est profond ; elle a perdu ses repères. Dans un état de confusion, elle a sa première crise émotionnelle. Et alors que les Fitzgerald rendent visite à un couple d’ami, les Murphy, à Antibes, Zelda tente de se suicider en avalant des somnifères. L’histoire avec Jozan marque un tournant dans leur vie de couple. Et Scott d’affirmer : « Ce mois de septembre 1924, je savais qu’il s’était passé quelque chose qui ne pourrait jamais être réparé(9). »

Scott aurait même confié à certaines personnes que, depuis la liaison de Zelda avec Edouard Jozan, il n’arrivait pas à la satisfaire(10). Plus tard, il confiera au docteur Thomas Rennie que « tout bien considéré, elle est plus forte que moi. J’ai le feu de la création, mais je suis faible. Elle le sait et me considère en fait comme si j’étais une femme. Toute notre vie, depuis le jour de nos fiançailles, nous l’avons passé à traquer un homme que Zelda trouve assez fort pour s’appuyer sur lui. Je ne suis pas cet homme(11). » Edouard Jozan était-il cet homme-là?

« J’ai épousé l’héroïne de mes nouvelles. »

Pourtant, Zelda a cru en son histoire avec Scott. Quand ils se rencontrent, à Montgomery, dans le Comté d’Alabama, Zelda Sayre a dix-huit ans et de nombreux flirts à son actif. Enfant gâtée, fille du juge de la Cour suprême de Montgomery, elle passé une jeunesse dorée dans le Sud des Etats-Unis. La benjamine de la famille a un caractère bien trempé. Elle se préoccupe davantage de ses rendez-vous amoureux que de ses études. Zelda est une jeune fille attirante ; elle le sait et elle en joue. Les prétendants se pressent devant sa porte. A 18 ans, Zelda a déjà flirté avec les jeunes gens les plus riches et les mieux éduqués de Montgomery. Depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, la ville sert de base aux contingents du pays pendant leur phase d’entraînement. L’arrivée de la garnison suscite l’intérêt de Zelda. Un soir de juillet 1918, elle se rend à une fête du Country Club. Le lieutenant Francis Scott Fitzgerald a été invité. Le jeune homme de 22 ans a décidé de s’engager auprès des troupes américaines. En attendant son départ pour le front, il est envoyé en Alabama pour s’entraîner et recevoir une formation militaire.

A la première rencontre, l’attirance est réciproque. Ils tombent amoureux. « Elle aimait tant cet homme, elle se sentait tellement proche de lui que sa vision en était déformée, comme si elle avait pressé son nez sur un miroir en essayant de se regarder dans ses propres yeux. Elle sentait les lignes de son cou et son profil sculpté comme des bouffées de vent qui auraient balayé sa lucidité(12). »
Scott n’aura pas le temps de combattre. L’armistice est signée le 11 novembre 1918. Mais si Zelda est à la recherche d’un mari comme toutes les jeunes filles de son âge, pas question de se presser. D’origine modeste, Scott n’a pas d’argent. Or, pour Zelda, c’est une condition sine qua non à un mariage réussi. Elle informe donc Scott qu’elle ne l’épousera pas tant qu’il ne sera pas riche.

Scott, qui veut devenir écrivain, repart pour New York. Il travaille avec acharnement sur son manuscrit. Il essuie plusieurs refus des maisons d’édition. S’engage entre les deux amoureux une correspondance. Mais Scott tarde à devenir riche et célèbre. Et Zelda ne peut lutter longtemps contre son tempérament. Elle n’hésite pas à rompre en juin 1919 leurs fiançailles pour un autre flirt. Elle explique à Scott que « son incapacité à l’entretenir ne ferait qu’aigrir leur mariage en suscitant chez eux peine et frustration. Ce rejet le blesse et l’irrite(13). » Mais le 16 septembre 1919, son manuscrit, L’Envers du paradis, est enfin accepté et est publié le 26 mars aux éditions Scribner. 3 000 exemplaires sont vendus en l’espace de trois jours. C’est un véritable succès. Avec l’argent gagné, Scott achète une montre-bracelet coûteuse pour Zelda. Cela suffit pour la convaincre, enfin. A 23 ans, pour Scott Fitzgerald, c’est la reconnaissance et l’argent. Plus rien ne l’empêche d’épouser Zelda. Quelques jours après la sortie du livre, le 3 avril 1920, ils se marient dans la sacristie de la cathédrale Saint-Patrick, à New York. Scott avouera: « J’ai épousé l’héroïne de mes nouvelles. »

De toutes les fêtes, ils dépensent sans compter, s’enivrent jusque tard dans la nuit. L’argent coule à flot. Comme l’alcool. Leurs frasques sont à la une des journaux. En quelques mois, Zelda et Scott Fitzgerald deviennent le couple à la mode, symbole des années folles. Ils voyagent, mènent une vie exubérante et dissipée. La naissance de leur fille Scottie le 26 octobre 1921 aurait pu les assagir. Il n’en est rien. Et quand ils partent pour le Sud de la France en juin 1924 en vue de travailler et de se reposer, ils ne se doutent pas qu’ils sont à un tournant de leur vie.

Quand rien ne va plus

Après l’épisode Jozan, les disputes se multiplient au sein du couple. Ils ne se parlent plus, ne se touchent plus. Chacun s’enfonce dans une obsession pour éviter de voir la dégradation de leur quotidien. Pour Scott, c’est l’alcool. Il boit de plus en plus pour oublier qu’il n’est plus la vedette littéraire du moment. Hemingway lui a ravi la place.

Pour Zelda, la danse qu’elle va pratiquer des heures par jour, espérant encore devenir une ballerine professionnelle. Elle est en quête d’identité et de reconnaissance. Car elle a du mal à trouver sa place aux côtés de ce mari écrivain qu’elle s’est choisi. Ses velléités littéraires sont aussi freinées, voire stoppées par Scott. Il l’empêche d’écrire.

Pour se venger, Scott a des aventures extraconjugales tout en exigeant une fidélité absolue de la part de Zelda. Quand il n’est pas là, il lui interdit de recevoir des hommes chez eux. L’histoire avec Edouard a mis un terme à ces années insouciantes où ils étaient un couple soudé, passionnément amoureux l’un de l’autre. L’alcool détruit le couple. Il provoque des crises d’hystérie chez Zelda et une incroyable grossièreté chez Scott. Les amis s’éloignent. Scott peine à écrire.

Hollywood

1927. Direction Hollywood. Scott est sous le charme de la cité californienne et admire ceux qui y vivent, notamment les femmes. Il tombe amoureux d’une actrice de 17 ans, Lois Moran, belle et déterminée à réussir par tous les moyens. Scott n’a alors de cesse de critiquer Zelda ; il lui rappelle sans cesse son manque d’ambition alors que c’est lui-même qui réclame l’exclusivité créatrice. Ces remarques blessent profondément Zelda, toujours en quête d’affirmation et de reconnaissance. Consciemment, il la manipule, exerçant son pouvoir sur elle. Mais si Zelda ne dit rien de l’aventure de Scott, c’est qu’elle y voit une revanche : « Lorsque j’appris que mon mari avait une maîtresse en Californie, je fus sous le choc, parce que cette existence me semblait si futile, mais en fin de compte je ne fus pas blessée, parce que j’étais consciente d’avoir agi de même plus jeune. […] Dans cette histoire, tous les torts me reviennent. Je croyais être une salamandre, et il semble bien que je ne suis qu’un fardeau(14). »

Mais elle ne parvient pas à se maîtriser très longtemps. Un soir, alors que Scott est sorti avec avec Loïs, elle laisse éclater sa colère. Elle entasse dans la baignoire les vêtements qu’elle-même a dessiné et fabriqué et y met le feu, détruisant ce qu’elle avait créé. Dans le train qui les ramène vers l’est, elle jette par la fenêtre du wagon la montre bracelet que Scott lui avait offert pour leurs fiançailles.

Zelda se sent de plus en plus isolée. Elle se réfugie dans la danse. L’alcool gâche leur relation. Ils ne font plus que se croiser et communiquent pour la forme. Scott raconte : « Je me suis surpris à lui dire des choses affreuses. Sans pouvoir m’arrêter. J’étais en guerre avec moi-même. Nous nous disputions, nous remuions les cendres du passé, et nous nous jetions des mots qui érigeaient un mur d’indifférence entre nous. Nous devenions des étrangers hostiles qui suivaient des chemins divergents, tout en vivant l’enfer sous le même toit(15). » Ce couple qui s’est aimé à la folie s’autodétruit.

Accordez-moi une valse

L’état psychologique de Zelda est de plus en plus instable. Le 23 avril 1930, Zelda est admise au sanatorium de la Malmaison dans un état d’éthylisme et de trouble avancé. En mai, elle est conduite à la clinique Valmont, en Suisse. Elle y reste quinze mois. Cet internement marque le début de nombreux séjours durant lesquels les médecins tenteront de soigner sa schizophrénie. Alors que Zelda est internée, Scott se sent seul et entame une liaison avec une aristocrate anglaise.

En 1932, elle intègre Phipps. Là-bas, elle écrit en secret Accordez-moi une valse, son autobiographie romancée, offrant parfois à son héroïne la vie qu’elle n’a pas eue. Une fois terminé, elle envoie le manuscrit à un éditeur. Scott l’apprend et exige de pouvoir le corriger avant sa publication. Il a ses mots très durs :« Tu as ramassé les miettes que j’ai laissé tomber de la table du repas, et les as fourrées dans tes livres… Tout ce que nous avons fait est à moi […] c’est moi le romancier de profession, et c’est moi qui te fais vivre. Tout cela est mon matériau. Rien de cela n’est tien(16). » Scott revendique l’exclusivité de leur histoire comme source d’inspiration. Certains passages sont censurés. Le livre n’a pas le succès escompté. Zelda perd toute confiance en elle. En 1934, Scott publie Tendre est la nuit. A la lecture du roman, Zelda revit son internement à travers l’héroïne. Elle replonge aussitôt dans ses excès de folie.
En 1937, Scott retourne à Hollywood écrire des scénarios. Il a besoin d’argent pour financer les séjours en clinique de Zelda ainsi que les études de Scottie.

A Hollywood, il rencontre Sheilah Graham, une journaliste anglaise. C’est le début d’une liaison tumultueuse. « Dès que Fitzgerald la voit, il croit reconnaître Zelda ; sur les photographies, la ressemblance n’est guère évidente mais Fitzgerald est persuadé du contraire(17). » Sheilah tombe amoureuse du romancier. Elle va veiller sur lui jusqu’au bout, réussissant même à le libérer de l’alcool au début de 1940. Epuisé par le travail et rongé par l’alcool, il est victime d’une attaque en décembre 1940. Le 21 décembre, il n’a pas la même chance et succombe à une crise cardiaque à l’âge de 44 ans.

Huit ans plus tard, le 9 mars 1948, Zelda périt dans l’incendie de sa clinique psychiatrique, en Caroline du Nord, où elle est de nouveau internée. Elle est enterrée le 17 mars près de Scott dans le cimetière de Rockville, en Alabama. Quelques années plus tard, leur fille Scottie fera graver sur la pierre tombale qui les réunit la dernière phrase de Gatsby le magnifique : « Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé(18).»

« Nous aurions été beaucoup plus heureux si j’avais épousé une autre femme et elle un autre homme. Nous n’étions pas faits pour nous entendre(19) », affirma, un jour, Fitzgerald. Reste que sans Zelda Scott n’aurait peut-être pas écrit les romans qu’il a publié. Héroïne de ses nouvelles, Zelda a nourri son œuvre, parfois à ses dépens. Scott a réclamé l’exclusivité et n’a pas hésité à utiliser les lettres et les journaux intimes de Zelda, livrant à tous ses faiblesses et ses doutes.
Si la descente a été difficile, ce qui est sûr, c’est qu’ils se sont aimés à la folie. Mais la folie a pris le dessus sur l’amour. Le besoin de Zelda d’être aimé, d’être le centre des attentions et sa quête de reconnaissance et d’affirmation ont eu raison de leur couple. Ils se sont détruits.
Leurs infidélités ne les ont pas libérés d’un lien extrêmement fort. Jamais ils ne se sont abandonnés. En 1935, Scott écrit : « Comme toujours, aujourd’hui encore je me sens plus proche d’elle que de tout être humain. Cela ne me déplairait pas si, dans quelques années, Zelda et moi pouvions nous blottir ensemble sous une pierre dans quelque vieux cimetière de ces contrées(20). » Un vœu exaucé.

Notes :

(1) FITZGERALD (Zelda), Accordez-moi cette valse, collection « Pavillons poche, Robert Laffont, 2008, p. 178.
(2) FITZGERALD (Zelda), Accordez-moi cette valse, collection « Pavillons poche, Robert Laffont, 2008, p. 196.
(3) FITZGERALD (Francis Scott), cité dans Sheilah Graham, The Real F. Scott Fitzgerald : Thirty-Five Years Later, New York, Grosset & Dunlap Inc., 1976, p. 61.
(4) TAYLOR (Kendall), Zelda et Scott Fitzgerald. Les années vingt jusqu’à la folie, Autrement, 2002, p. 198.
(5) FITZGERALD (Zelda), Accordez-moi cette valse, collection « Pavillons poche, Robert Laffont, 2008, p. 186.
(6) FITZGERALD (Zelda), Accordez-moi cette valse, collection « Pavillons poche, Robert Laffont, 2008, p. 196.
(7) TAYLOR (Kendall), Zelda et Scott Fitzgerald. Les années vingt jusqu’à la folie, Autrement, 2002, p. 199.
(8) FITZGERALD (Zelda), Accordez-moi cette valse, collection « Pavillons poche, Robert Laffont, 2008, p. 191.
(9) Extrait des Carnets de F. Scott Fitzgerald, cité dans CITATI (Pietro), La mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Gallimard, 2007, p. 41.
(10) TAYLOR (Kendall), Zelda et Scott Fitzgerald. Les années vingt jusqu’à la folie, Autrement, 2002, p. 353.
(11) Lettre de F. Scott Fitzgerald au docteur Thomas Rennie, citée dans MELFORD (Nancy), Zelda : a Biography, New York, Harper & Row, 1970 p. 261.
(12) FITZGERALD (Zelda), Accordez-moi cette valse, collection « Pavillons poche, Robert Laffont, 2008, p. 78.
(13) TAYLOR (Kendall), Zelda et Scott Fitzgerald. Les années vingt jusqu’à la folie, Autrement, 2002, p. 87.
(14) MELFORD (Nancy), Zelda : a biography, Harper & Row, New York, 1970, pp. 175-176.
(15) Francis Scott Fitzgerald, cité dans BUTTITA (Tony), After the Good, Gay Times, Vinking Presse, New York, 1974, p. 170.
(16) CITATI (Pietro), La mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Gallimard, 2007, p. 83.
(17) CITATI (Pietro), La mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Gallimard, 2007, p. 113.
(18) FITZGERALD (F. Scott), Gatsby le magnifique, Le Livre de Poche, Edition 2009, p. 231.
(19) CITATI (Pietro), La mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Gallimard, 2007, p. 28.
(20) CITATI (Pietro), La mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Gallimard, 2007, p. 103.

Bibliographie :

  • CITATI Pietro, La mort du papillon. Zelda et Francis Scott Fitzgerald, Gallimard, 2007.
  • FITZGERALD F. Scott, Gatsby le magnifique, Le Livre de Poche, Edition 2009.
  • FITZGERALD Zelda, Accordez-moi cette valse, collection « Pavillons poche, Robert Laffont, 2008.
  • MELFORD Nancy, Zelda : a Biography, New York, Harper & Row, 1970.
  • TAYLOR Kendall, Zelda et Scott Fitzgerald. Les années vingt jusqu’à la folie, Autrement, 2002.

Les réseaux féminins à la conquête du CAC 40

A quelques mois de l’entrée en vigueur de la loi Copé-Zimmermann qui impose de féminiser les Conseils d’administration à hauteur de 40 %, les équipes de TEDxChampsélyséesWomen ont réalisé une infographie qui met en lumière le rôle des réseaux féminins au sein des entreprises du CAC 40. Les idées clés à retenir.

A l’heure actuelle, 70% des entreprises du CAC 40 possèdent un réseau féminin en interne. Il existe également des structures externes aux entreprises qui jouent le même rôle, en représentant un secteur d’activité notamment; c’est le cas par exemple de Financ’ielles, fédération de réseaux du secteur de la banque, de la finance et de l’assurance. Ces réseaux féminins permettent de faire tomber les barrières qui freinent les carrières des femmes. Ils sont des lieux d’échanges et de convivialité ; ils visent à valoriser les collaboratrices et à leur donner confiance en elles, à promouvoir l’égalité professionnelle et la mixité.

Si toutes les entreprises du CAC 40 du secteur de la banque et de l’assurance possèdent un réseau féminin en interne, le secteur de l’industrie fait encore figure de mauvaise élève.

Les réseaux féminins jouent également un rôle important dans la féminisation des conseils d’administration. En effet, près de 2/3 des entreprises qui adhèrent à un réseau féminin ont déjà atteint l’objectif des 40% de femmes dans leur conseil d’administration.

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A lire aussi :

Nina Simone, 1969.

Gilles Leroy : “Nina Simone, roman”

“Quand je l’ai rencontrée, je venais de subir l’humiliation de ma vie. J’avais étudié la musique dès l’âge de cinq ans pour devenir pianiste, j’y avais sacrifié mon enfance et mon adolescence, et puis quoi ? La pus grande école de musique du pays, le Curtis Institute, à Philadelphie, m’avait refusée, recalée. Douze années perdues. Mon rêve piétiné”. Gilles, Leroy, Nina Simone, roman, folio, 2013, pp. 39-40. 

Eunice Kathleen Waymon, petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, ne sut jamais si elle fut recalée parce qu’elle était noire ou parce que, ce jour-là, elle avait moins bien joué que les autres. Un échec qu’elle n’oublia jamais, même devenue l’immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable. Celle qui fut adulée dans le monde entier fut une artiste profondément seule et blessée.

Un destin digne d’un roman que Gilles Leroy nous livre avec tendresse.

Gilles Leroy, Nina Simone, folio, 2013.

Quelles représentations les Français ont-ils du viol ?

L’Association Mémoire traumatique et victimologie a publié le 2 mars 2016 les résultats d’une enquête réalisée du 25 novembre au 2 décembre 2015 auprès de 1001 personnes : « Les Français et les représentations sur le viol ». Une étude qui fait réfléchir…

Des stéréotypes ancrés chez les hommes comme les femmes

Eh oui, encore 63% de Français considèrent que les hommes ont du mal à maîtriser leur désir sexuel pour une femme tandis que 74% des interrogés estiment que les femmes ont besoin d’être amoureuses pour envisager un rapport sexuel. L’homme reste donc soumis à son instinct animal quand la femme est toujours à la recherche du prince charmant, en toutes circonstances.

Plus effrayant, 21% considèrent que lors d’une relation sexuelle, les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées et 19% estiment que lorsque l’on essaye d’avoir des relations sexuelles avec elles, beaucoup de femmes disent « non » mais ça veut dire « oui » !

Quand bascule-t-on dans le viol ?

40% des Français considèrent qu’il y a viol ou tentative de viol à partir du moment où la personne continue à essayer de la forcer alors qu’elle a dit non à plusieurs reprises et 21% à essayer de la forcer alors qu’elle se débat et qu’elle crie ou appelle à l’aide.

La frontière reste de plus encore mal établie pour les Français entre le viol et l’agression sexuelle. Alors que plus d’un Français sur deux considère ce qui relève d’une agression sexuelle comme un viol, plus d’un quart ne reconnait pas comme une agression sexuelle celles qui en sont vraiment.

La victime responsable

Une proportion importante de Français déresponsabilise le violeur assez aisément dès lors qu’ils considèrent que la victime a « provoqué » son agresseur. Ainsi, 40% pensent que des femmes qui ont eu une attitude provocante en public (dans un restaurant, dans une boîte de nuit) sont en partie responsables de leur viol ; 27% le pensent pour des femmes qui se promènent dans la rue dans des tenues très sexy (jupe très courte, décolleté, etc.). A méditer…

La méconnaissance des Français concernant le viol

Près la moitié des Français pensent que le violeur est souvent une personne que l’on ne connait pas. L’espace public reste d’ailleurs un lieu perçu comme à haut risque, loin devant le cercle familial. Et pour une majorité de Français, c’est au moment de l’adolescence qu’un viol a le plus de risque de survenir. Quant au nombre de viols annuel, il est sous-estimé par une très large partie des Français puisque 41% les estiment entre 10 000 et 50 000.

Or, pour rappel, 84 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes chaque année de viols ou de tentatives de viols; dans 90% des cas, elles connaissent leur agresseur. Consulter l’infographie sur les violences sexuelles.

Consulter l’ensemble des résultats de l’enquête « Les Français et les représentations sur le viol« .

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Les suffragettes

Manifestation pacifiste des militantes anglaises réclamant le droit de vote dans les rues de Londres : une image maintes fois utilisée pour évoquer le combat des suffragettes, et pourtant si réductrice ! Quand au début du 20e siècle, en Angleterre, les femmes de toutes conditions se rendent compte que leurs actions pacifistes ne donnent rien alors que les réactions du gouvernement à leur égard sont de plus en plus violentes, elles optent pour une lutte plus radicale, les obligeant à entrer dans la clandestinité.

C’est sur cette période que revient Sarah Gavron, la réalisatrice du film Les Suffragettes. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer : leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud, incarnée par Carey Mulligan, est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, ouvrière, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…Maud intègre le Women’s Social and Political Union créé par Emmeline Pankhurst et sa fille Cristabel en 1903 à Manchester. Avec les WSPU, Emmeline Pankhurst pense alors faire pression sur le Parti travailliste indépendant, fondé Keir Hardie en 1893, et sur les libéraux. Mais Mais les uns et les autres refusent d’inscrire le vote féminin à leur programme.

Risquer sa vie pour le droit de vote

A partir de ce moment-là, les suffragettes vont se radicaliser et user de moyens controversés : briser des vitres, couper des lignes téléphoniques, détruire le contenu de boîtes aux lettres, etc. En 1906, des militantes du WSPU forcent les portes du Parlement ; en 1908, elles s’enchaînent à ses grilles. Dans un bref témoignage datant de cette même année, Emmeline Pankhurst justifie pleinement le recours à la violence par l’échec des méthodes légales : « Nous avons entrepris cette action parce que nous nous rendons compte que la condition faite à notre sexe est tellement lamentable qu’il est même de notre devoir d’enfreindre la loi pour attirer l’attention sur les raisons qui nous font agir ainsi. »

En 1910, elles brisent à coups de pierre les fenêtres du ministère de l’Intérieur : condamnées pour conspiration contre la sûreté de l’Etat, Emmeline et ses compagnes entament une grève de la faim. Une stratégie utilisée désormais à chaque arrestation mais aux conséquences désastreuses : nourries de force en prison, nombreuses sont les militantes qui en ressortiront très affaiblies. A la suite de plusieurs incarcérations, Lady Lytton finira paralysée de tout le côté droit du corps.

En 1912-1913, lors d’une campagne spectaculaire, la WSPU tente de brûler les maisons de membres du gouvernement. A la suite de quoi, certaines militantes quittent le WSPU, d’autres sont expulsées, beaucoup sont arrêtes et subissent un terrible emprisonnement. En 1913, encore, Emily Davison meurt en se jetant, enveloppée de la bannière du WSPU, sous les sabots des chevaux lors du derby d’Epson. C’est avec cet épisode d’ailleurs que Sarah Gavron a choisi de terminer son film.

Finalement, les actions des suffragettes finiront par être payantes : en 1918, les Anglaises de plus de 30 ans peuvent enfin voter.

A découvrir : Le droit de vote des femmes dans le monde

A voir :

Les Suffragettes, sorti le 18 novembre 2015.

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Le destin d’Hannah Arendt en bande dessinée

Raconter en images le destin exceptionnel d’Hannah Arendt : le défi était de taille pour Béatrice Fontanel et Lindsay Grime. Si elles parviennent à retracer les moments forts de sa vie, elles ont choisi une chronologie qui déroute parfois le lecteur. J’aurais également apprécié davantage de liens avec l’œuvre d’Hannah Arendt à peine évoquée ici. Ainsi, du procès d’Eichmann qu’elle suivit pour le New Yorker, nous ne saurons rien de ses prises de position. Or, les cinq articles intitulés « Eichmann à Jérusalem » publiés de février à mars 1963 provoquèrent une polémique sans précédent qui lui valurent insultes et isolement.

hannah-arendt-bande-dessineeN’en reste pas moins que les illustrations sont réussies et la personnalité d’Hannah Arendt bien analysée. Déterminée, battante, elle dédia sa vie au travail et à l’écriture. Tout entière tournée vers une « politique de l’irreprésentable » requérant à chaque instant la capacité de « juger et de décider », elle confiait en1973 à la télévision française : « Il n’existe pas de pensée dangereuse pour la simple raison que le fait de penser est en lui-même une entreprise très dangereuse. Mais ne pas penser est encore plus dangereux ».

A défaut d’être d’une réussite, cette bande dessinée nous donne envie de relire l’œuvre d’Hannah Arendt.

 A lire :

  • Béatrice Fontanel et Lindsay Grime, Hannah Arendt, Naïve, collection « Grands destins de femmes », 2015.

 

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Arabie Saoudite – Paroles de femmes

Pour la première fois, les femmes ont pu voter et se faire élire le 13 décembre dernier en Arabie Saoudite. Un petit pas pour les Saoudiennes qui n’ont toujours pas le droit de conduire dans leur pays. Mais un pas de plus comme le souligne la journaliste Clarence Rodriguez dans son documentaire « Arabie Saoudite, Paroles de femmes », diffusé sur France 5 le 8 décembre 2015. Pendant un mois, elle a rencontré des femmes qui bousculent les préjugés dans ce pays où la charia dicte les règles.

Le sport féminin, un tabou en Arabie Saoudite

Arabie Saoudite, paroles de femmesPratiquer un sport quand on est une femme en Arabie Saoudite relève du parcours du combattant. Pourtant, dans la ville de Djeddah, au bord de la mer Rouge, il existe un club de sport créé et dirigé par une femme, Lina Almaeena.

Depuis cinq ans, Lina médiatise son combat en faveur du sport féminin, malgré les menaces de ses opposants qui n’hésitent pas à affirmer que le sport entrave la fertilité des femmes et les incite à la débauche. Mais Lina tient bon ; son club est devenu la vitrine du sport féminin en Arabie Saoudite où 500 sportives parviennent tout de même à s’entraîner.

Dénoncer les violences conjugales

Certaines femmes réussissent également à faire entendre leur voix en politique. C’est le cas de la princesse Banderi A.R. Al-Faisal, petite-fille du roi Khaled, qui a régné jusqu’en 1982. Elle est aujourd’hui la directrice de la fondation qui porte son nom. Son statut lui permet de proposer des projets de loi destinés à faire évoluer la société saoudienne, notamment en faveur des femmes. Sa campagne dénonçant les violences conjugales a fait grand bruit en Arabie Saoudite et conduit au votre d’une loi sur laquelle elle avait travaillé durant sept ans : désormais, les femmes peuvent déposer plainte contre tout abus physique ou psychologique.

Miser sur la jeune génération

En 2011, la peur d’un printemps arabe pousse le roi Abdallah à prendre des mesures radicales pour éviter un soulèvement dans son royaume. Il s’engage alors à faire entrer 30 femmes à la Choura, l’Assemblée consultative saoudienne. Le 11 janvier 2012, la Choura inaugure officiellement leur entrée ; celles-ci vont pouvoir travailler sur des projets de loi qu’elles présenteront ensuite. Un de leur cheval de bataille : le tutorat. Thoraya Ahmed Obaid en est l’un des membres : « Je crois que l’Arabie saoudite est un pays d’évolution et non de révolution. Nous progressons étape par étape. »

Dans ce pays où 60 % de la population a moins de 30 ans, les jeunes aspirent à un mode de vie bien différent de leurs parents. C’est le cas de Dina, designer et chef de chantier, qui à 28 dirige des collègues masculins. Mais cette chance, elle le doit à son employeur, un américain. Car la vraie résistance vient des saoudiens eux mêmes.

Noura et Amar, quant à eux, incarnent le couple moderne, encore très rare en Arabie Saoudite. Noura, qui a fait ses études à Londres, est directrice stratégie et marketing chez Areva. A la maison, tous deux se répartissent les tâches éducatives et ménagères. « Je ne veux pas que ma fille vive vingt ans en arrière, confie Amar, mais avec vingt ans d’avance. »

Quinze jours après le tournage de ce documentaire, le roi Abdallah mourrait. Pour les saoudiennes, c’est une page qui se tourne.

 A voir :

A lire aussi :

Violences faites aux femmes : les chiffres

Le 25 novembre 2015, l’Observatoire national des violences faites aux femmes a publié pour la première fois des statistiques issues de l’exploitation des logiciels de recueil de données de la police et de la gendarmerie nationales. Les principaux chiffres.

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Ce même jour, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes, annonçait une nouvelle campagne destinée à faire connaître la ligne téléphonique 3919. Ce numéro d’écoute et d’orientation, anonyme et gratuit, est disponible pour toutes les femmes victimes de violences, 7 jours sur 7.

Consulter le site du gouvernement stop aux violences faites aux femmes.